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<title>Editos Generation France.fr</title>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<copyright>Generation France 2009</copyright>
<language>fr</language>
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 <title>Editos Generation France.fr</title>
 <url>http://www.generationfrance.fr</url>
 <link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Thu, 11 03  2010 18:12:40</pubDate>
<item>
<title>France-Allemagne :  Il est temps de faire converger nos politiques industrielles</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J'ai la profonde conviction que la France et l'Allemagne ont tout intérêt à
affronter ensemble les défis du 21ème</p>
<p style="text-align: justify;">
 siècle. Plutôt
que de pratiquer une concurrence fratricide sur des marchés à
faible croissance, il est temps de construire une politique de
convergence de nos deux pays, afin de faire le poids face aux géants
asiatiques et américains. 
</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l'instant, malgré
la monnaie unique, nos politiques économiques ont trop divergé. La
France a surtout misé sur le moteur de la demande, stimulant les
exportations de son premier partenaire commercial, l'Allemagne,
tandis qu'outre-rhin, on faisait le choix inverse en jouant la
carte de la désinflation compétitive. Depuis le début des années
2000, cela a permis aux Allemands de renforcer l'emploi industriel
et de gagner des parts de marché - en 2002, l'Allemagne a dépassé
la France en parts de marché mondiales. Cette politique s'est
notamment faite au détriment du pouvoir d'achat des Allemands et
donc la consommation intérieure, ce qui a bien entendu pesé sur nos
exportations vers l'Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le domaine de
l'industrie, deux phénomènes particulièrement marquants montrent
un décrochage de notre pays face à l'Allemagne: 
</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>
<p align="JUSTIFY">premièrement, en
	proportion, l'emploi industriel allemand a dépassé l'emploi
	industriel français en 2005, alors qu'il lui était bien
	inférieur dans les années 1990 ; 
	</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">deuxièmement,
	depuis 2001, le solde commercial français est devenu largement
	négatif alors que celui de l'Allemagne est en pleine expansion :
	en 2007, le solde commercial en points de PIB était ainsi de -2%
	pour la France et de près de +8% pour l'Allemagne. De même, la
	part des exportations françaises sur les exportations allemandes a
	chuté de près de 20 points entre 1999 et 2008, passant de 56% à
	37%. 
	</p>
</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il ne s'agit pas
d'idéaliser notre voisin et de sombrer dans l'autodénigrement.
La France a des atouts que les Allemands nous envient. Par exemple,
nos grandes entreprises se classent mieux que les allemandes :
en 2008, 31 entreprises françaises faisaient partie du top 500 des
entreprises mondiales (pour une capitalisation totale de 1735
milliards de dollars), contre 22 entreprises allemandes (1200
milliards de dollars). Dans un autre domaine, la démographie,
l'Allemagne s'intéresse à nos politiques : notre natalité
est un moteur de croissance et une contribution pour répondre aux
défis du vieillissement. Outre-rhin, où le renouvellement de la
population ne semble plus assuré, c'est un vrai sujet de
préoccupation qui pèse sur l'avenir du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n'y a pas de modèle
parfait mais, des deux côtés du Rhin, nous avons tout intérêt à
comparer nos approches, pour nous inspirer des meilleures pratiques
qui existent chez l'autre et faire converger nos choix économiques.
Je souhaite que nous observions quelques raisons qui expliquent les
gains de compétitivité de l'Allemagne dans l'industrie. 
</p>
<p style="text-align: justify;">1/ En gelant les
salaires, en augmentant la durée du travail et en transférant une
partie des charges sociales du travail vers la consommation,
<strong>l'Allemagne a réussi à maîtriser le coût du travail</strong>, le
faisant revenir à peu près au niveau français, alors que dans le
même temps, nous avons dû assimiler le choc des 35 heures. Or, à
coût du travail égal, l'Allemagne s'en sort mieux que nous...</p>
<p style="text-align: justify;">2/ <strong>Le capitalisme
allemand est traditionnellement construit sur le « Mittelstand »</strong>,
un réseau de grosses PME locales, ultra compétitives car innovantes
et soutenues depuis toujours par les banques des Lander qui les
financent massivement. Ce sont ces entreprises qui créent de la
croissance et des emplois et assurent aujourd'hui le dynamisme de
l'industrie allemande. En France, il nous manque un tel tissu
entrepreunarial. Il y a dans notre pays 30 000 PME entre 50 et
999 employés contre 65 000 en Allemagne. Seules 5 000
entreprises français ont plus de 250 salariés. Outre-rhin, c'est
le double. Pourquoi un tel décalage ? 
</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d'abord parce que
le modèle français s'est traditionnellement construit sur la
prégnance de l'Etat et des grandes entreprises publiques et
privées. Ensuite, parce que nos banques rechignent souvent à
prendre des risques en investissant dans des structures de taille
moyenne, moins solides que les géants du CAC 40, tandis que nos
dirigeants de PME n'ont pas l'habitude d'ouvrir leur capital
pour renforcer leur croissance. Enfin, en France, les formations sont
souvent éloignées de la réalité des PME. Nos étudiants rêvent
soit de devenir fonctionnaire, soit de décrocher un poste de cadre
dans une grande entreprise. La PME apparaît moins prestigieuse et
plus risquée... En Allemagne, la grande majorité des jeunes
s'orientera au contraire naturellement vers une de ces PME du
Mittelstand. D'autant plus que le réseau de «Fachhochschulen »,
ces établissements d'enseignement supérieur proposant des cursus
professionnalisés de niveau Bac+4, sont en contact étroit avec les
PME. Les Fachhochschulen constituent une structure intermédiaire
entre la formation universitaire et la formation en alternance. Elles
font partie de l'enseignement supérieur mais, à la différence
des IUT en France, elles n'exigent pas l'obtention du
baccalauréat (Abitur), et valident les qualifications
professionnelles. Grâce aux Fachhochschulen, l'enseignement
supérieur n'est plus limité à la théorie, mais s'étend à la
transmission de connaissances appliquées essentielles dans une PME.</p>
<p style="text-align: justify;">3/ <strong>L'Allemagne a
développé une véritable culture de l'export qui existe peu en
France</strong>. Notre pays compte aujourd'hui près de 100 000
entreprises exportatrices, soit trois fois moins qu'en Allemagne,
et 10 000 de moins depuis le début des années 2000. Les PME
françaises sont ainsi les moins exportatrices d'Europe (16% de
leur chiffre d'affaire, contre 22% en moyenne en Europe).</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci est dû au
positionnement de l'Allemagne qui est présent sur des marchés
moins concurrentiels, notamment celui des machines outils, qui
s'exportent très bien dans les pays émergents. La forte
crédibilité du « made in Germany », qui rime
universellement avec durabilité et sécurité est également un
atout de poids. Le « made in France » n'a pas une
réputation comparable, hormis dans les secteurs où la « french
touch » est reconnue, notamment le luxe. Surtout, les Allemands
ont une ouverture plus grande sur l'extérieur, notamment l'Europe
de l'Est, la Russie, mais aussi l'Asie. La maîtrise de l'anglais
est un élément déterminant. Cela peut relever du détail mais en
réalité, c'est un frein pour beaucoup d'entrepreneurs français
qui ne se sentent pas à l'aise pour échanger dans la langue du
commerce international.</p>
<p style="text-align: justify;">En réduisant la demande
intérieure, la politique de l'offre menée en Allemagne a aussi
forcé les entreprises locales à exporter davantage pour compenser
la faiblesse de la demande intérieure. En France, où la
consommation est le premier moteur de la croissance, les entreprises
ne voient pas toujours la nécessité d'exporter pour survivre et
craignent que le gain d'une exposition à l'international soit
plus faible que les efforts consentis pour gagner des parts de
marché. Enfin, l'Allemagne a su s'appuyer sur la « profondeur
stratégique » que lui ouvrent les pays de l'Est pour y
délocaliser certaines de ses productions à moindre valeur ajoutée
et ainsi réduire ses coûts de production finale.</p>
<p style="text-align: justify;">4/ Enfin, il faut noter
que les pouvoirs publics allemands<strong> jouent un rôle clé dans
l'incitation à l'investissement, notamment à travers la
politique fiscale. </strong>Par exemple, les entrepreneurs ont plus de
liberté pour choisir le rythme d'étalement d'amortissement de
leurs actifs. Cela les motive à investir fortement dès qu'ils
dégagent des profits, de manière à limiter leur taux d'imposition,
plutôt qu'à se servir des dividendes. De même, dans l'année
qui suit la réalisation d'un investissement important, les
dispositifs fiscaux permettent un remboursement de près de 25% des
montants investis. Un dirigeant d'entreprise rencontré dans les
Vosges cette semaine, et dont la PME est présente à la fois en
Lorraine et dans le Land du Brandebourg m'a ainsi confirmé qu'il
était plus incitatif pour son industrie d'investir outre-Rhin.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne défends pas une
politique de copié-collé du « modèle allemand » qui a
aussi ses limites, mais j'ai l'intuition que nous pouvons tirer
parti de quelques « bonnes pratiques » allemandes pour
transformer notre tissu industriel, redevenir un leader de l'export
et sortir renforcé de la crise. Il n'est pas sain que la France et
l'Allemagne choisissent des chemins de croissance trop différents
alors que nous avons en commun une monnaie, tant d'intérêts et
tant de projets. Ne perdons pas notre temps et notre énergie à nous
prendre des parts de marchés les uns les autres au niveau européen.
Si nous voulons peser dans la mondialisation, faisons converger nos
grandes orientations économiques pour aller chercher ensemble la
croissance face aux concurrents des autres régions du monde !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-François Copé</strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 04 03  2010 16:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Le politique doit s'emparer des faits de société</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Il faut sortir des débats stéréotypés entre «les modernes» et les «ringards», les «généreux» et «les sans-coeur».
</strong></p>
<p>
A la fin de l'année 2008, la majorité présidentielle a été confrontée à un débat de fond sur la question du travail dominical. Quand certains abordaient cette question sous l'angle technique - un aménagement des dérogations à la fermeture des commerces le dimanche -, d'autres mettaient en avant les enjeux de société qui étaient alors en question.

</p>
<p><strong>J'ai voulu saisir cette occasion pour lancer au sein de ma famille politique une réflexion approfondie sur le rôle du législateur face aux «questions de société»</strong>, ces sujets qui lient le public et l'intime et où la décision politique a de fortes répercussions, symboliques comme pratiques, sur l'organisation de notre société et la vie de nos concitoyens. En bref, ces débats où se posent de façon particulièrement aiguë les questions: 
«<em>quelle France voulons-nous, pour nous et pour nos enfants?», «quelle place 
pour l'homme dans notre société?»</em></p>
<p><strong>Depuis plusieurs années, la droite n'osait pas vraiment aborder ces questions 
de front.</strong> Avec la mondialisation, la financiarisation de l'économie, les 
révolutions technologiques, l'économie avait pris le pas sur le politique, le 
manager sur l'élu.... <strong>On avait bien fait comprendre aux responsables politiques 
qu'ils devaient se faire «les plus petits possible». A tel point qu'on avait 
presque fini par les réduire à des techniciens de la gestion publique. </strong>Ce 
retrait a pu convenir à certains, particulièrement dans ma famille politique où 
l'on se méfie à juste titre des idéologies et où l'on revendique le pragmatisme. 
Bien souvent, la droite répugne à défendre un «modèle» qui s'imposerait à tous 
et préfère affirmer sa confiance dans l'individu. Ce faisant, elle se positionne 
parfois sur un registre «gestionnaire» et laisse le champ libre à d'autres qui 
n'hésitent pas à défendre leurs convictions ou leurs intérêts.</p>
<p><strong>Ainsi, sur les questions de société, la droite se condamne souvent à suivre 
un agenda politique imposé par la gauche. </strong>Car la gauche, elle, a investi à fond 
ce champ des questions de société ! En panne d'idées sur le plan économique où 
les fondements de son idéologie ont failli, elle se rabat par défaut sur le 
terrain sociétal, en évoquant souvent un supposé «sens de l'histoire». Or, il 
n'y a pas de sens de l'histoire. Sinon, à quoi bon s'engager en politique?</p>
<p>Nicolas Sarkozy a commencé à changer la donne pendant la campagne 
présidentielle de 2007, notamment en affirmant la modernité<strong> <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.europe1.fr/Politique/Nicolas-Sarkozy-reexplique-son-travailler-plus-pour-gagner-plus-a-Lyon-28224/">des valeurs du travail</a></strong> et du mérite que d'autres 
disaient dépassées. Je souhaite que ma famille politique continue ce 
mouvement.</p>
<p><strong>Je parle bien de mouvement. Car il ne s'agit surtout pas de s'enfermer dans 
une logique de statu-quo ou de conservatisme! Nous devons être sans cesse une 
force de propositions. Il ne s'agit pas de dire «non» aux propositions des 
autres.</strong> Il s'agit d'apporter nos propres réponses et d'ouvrir nous-mêmes les 
chantiers qui nous paraissent vraiment prioritaires pour les Français. J'ai la 
conviction qu'ainsi, il est possible de concilier la promotion de valeurs fortes 
et la prise en compte des évolutions du corps social!</p>
<p>C'est par exemple ce que fait la proposition de loi adoptée cette semaine à 
l'Assemblée nationale qui instaure un<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/17/la-nouvelle-allocation-d-accompagnement-d-un-proche-en-fin-de-vie-suscite-un-debat_1307259_3224.html"><strong> congé d'accompagnement de fin de vie</strong></a>, à 
l'initiative de Jean Leonetti.</p>
<p>Plutôt qu'une légalisation de l'euthanasie, en contradiction avec des valeurs 
essentielles de notre société, les députés de droite et de gauche ont pris le 
temps d'un long travail d'évaluation, d'audition, de réflexion. Ensemble, ils 
ont montré que derrière les <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/13137/euthanasie-droit-mourir-dignite-koz"><strong>demandes d'euthanasie</strong></a> se cachaient une peur 
de la souffrance et une peur de la solitude dans les derniers instants de la 
vie.</p>
<p>Après le vote d'une première loi Leonetti qui avait permis de mettre 
l'accélération sur <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/14993/soins-palliatifs-finir-avec-tarification-absurde-pervers"><strong>les soins palliatifs</strong></a>, cette loi instaure un 
congé indemnisé qui permet de se rendre disponible auprès de nos proches en fin 
de vie. C'est une belle démarche pleine d'humanisme qui oeuvre véritablement pour 
la dignité de chacun, et plus particulièrement des plus vulnérables.</p>
<p><strong>Sur les questions de société, l'un des rôles majeurs du politique est de 
faire vivre le débat en profondeur. Il s'agit de prendre le temps de se former, 
d'apporter aux citoyens des éclairages sur les enjeux essentiels et de leur 
donner l'occasion de formuler des positions réfléchies.</strong> Sur des sujets 
sensibles, il est indispensable d'échapper à la pression de l'instant et à 
l'emportement de l'émotion. Pour écouter et respecter l'autre. Pour sortir des 
oppositions systématiques auxquelles se réduit trop souvent notre débat public: 
«les modernes» contre les «ringards», les «généreux» contre «les 
sans-coeur»...</p>
<p>Là encore, notre Assemblée a avancé des propositions. Nous avons adopté en 
première lecture une proposition de loi de Jean Leonetti prévoyant une phase de 
débat public, avec des conférences de citoyens, en amont de toute réforme 
portant sur des problèmes éthiques et questions de société, à l'instar de ce qui 
a été fait pendant les Etats généraux de la bioéthique. Bien mené, sans même 
aboutir à des consensus, le débat en lui-même peut contribuer à renforcer des 
principes partagés, essentiels au vivre-ensemble.</p>
<p><strong>Mais le politique ne doit pas s'en tenir au débat. Comme législateur, nous 
devons aussi assumer pour le bien commun des décisions courageuses. Parfois même 
des interdictions. La loi n'est pas qu'une règle technique, elle exprime aussi 
une part de notre civilisation.</strong></p>
<p>C'est par exemple le sens de la proposition de loi que j'ai déposée pour <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/7621/la-burqa-nest-pas-une-exigence-coranique-par-jean-francois-cope"><strong>proscrire le voile intégral</strong></a> et qui a été 
cosignée par 220 députés de la majorité. Après une phase très nourrie de 
discussion et d'auditions, je considère que le temps de la décision politique 
arrive et je plaide pour une interdiction générale dans l'espace public. 
Certains nous reprochent d'attenter à la liberté individuelle. C'est souvent 
l'enjeu sur les débats de société. Dans ce cas précis, la liberté individuelle, 
conçue comme un absolu sans limites, se heurte aux exigences de la vie en 
société, à commencer par la sécurité ou la dignité des femmes.</p>
<p>Enfin, les questions de société nous invitent en permanence à relever le défi 
de la transmission et de l'éducation. On ne peut pas réguler une société 
uniquement par la loi et la contrainte. Si les valeurs sur lesquelles repose une 
norme ne sont pas comprises, celle-ci perd peu à peu son sens et sa légitimité. 
Cela invite à une réflexion de fond sur le rôle que peut jouer le politique par 
rapport au premier maillon de la transmission entre les générations: la famille. 
Comment aider les parents à jouer ce rôle de transmission sans les 
déresponsabiliser?</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 22 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Violence des jeunes, échec des adultes</title>
<description><![CDATA[<p align="justify">Des enseignants du lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine 
ont <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/12/au-lycee-de-vitry-la-lente-degradation-du-climat-explique-la-determination-des-profs_1304832_3224.html"><strong>décidé de 
ne plus faire cours</strong></a> depuis l'agression d'un de leurs élèves âgé de 
14 ans par six autres jeunes cagoulés. Leur indignation est légitime: nous 
voulons tous que l'école soit un sanctuaire du savoir où la violence est bannie, 
mais sa vocation éducative ne suffit pas à la protéger de l'insécurité; nous 
aimerions tous croire que la violence épargne les plus jeunes, mais ce qui se 
passe dans les cours de récréation nous montre le contraire.</p>
<p align="justify"><strong>Les enseignants sont, avec les élèves, les premières victimes 
de ce phénomène. L'exercice de leur profession est profondément fragilisé par 
l'insécurité dans les établissements:  il est anormal de devoir transmettre son 
savoir en ayant la peur au ventre face à des élèves eux-mêmes paralysés par 
l'inquiétude.</strong> Certains professeurs se retrouvent dans des situations où, avant 
même de pouvoir enseigner, ils doivent commencer par endosser le rôle 
d'éducateurs, de surveillants, d'assistants sociaux, de conseillers familiaux, 
ou même de policiers. Je comprends leur malaise.</p>
<p align="justify">Pour certains syndicats, la solution au problème de la violence 
à l'école serait évidente: il faudrait massivement recruter des surveillants. 
<strong>Bien sûr, dans certains cas, un poste de surveillant supplémentaire peut 
contribuer à stabiliser une situation difficile. Mais réduire la question de la 
violence à celle des effectifs de l'Education nationale me semble simpliste.</strong> 
D'ailleurs, les chiffres de la violence à l'école ont été assez stables au cours 
des années 2000 quelles que soient les variations d'effectifs. Ensuite parce que 
je crois que, face à la violence des enfants et des adolescents, il faut prendre 
le mal à la racine et apporter des réponses qui prennent en compte les parcours 
chaotiques de certains élèves.</p>
<h3>Chaos familial</h3>
<p align="justify"><strong>C'est ce que j'ai pu constater dans ma ville de Meaux, la 
semaine dernière, lorsque j'ai été confronté à un acte de violence grave dans 
une école primaire. </strong>Un élève de 11 ans en classe CM2 de l'école Alain-1 a frappé 
violemment un de ses camarades avant d'asséner un coup de poing dans le ventre 
de son instituteur qui voulait l'arrêter. Il l'a ensuite menacé en affirmant que 
ses grands frères allaient venir le venger. Suivant les procédures, 
l'instituteur a porté plainte et des policiers en civil sont venus en voiture 
banalisée chercher l'enfant dans le bureau de la directrice en toute discrétion. 
<strong>Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de cet instituteur et sa 
directrice: ils ont su réagir avec la fermeté indispensable face à ce 
déchaînement de violence gratuite sans pour autant stigmatiser cet élève devant 
ses camarades.</strong></p>
<p align="justify">Quelques jours après les faits, j'ai rencontré le père de cet 
élève. Il a commencé à chercher des excuses à son fils, en expliquant que tout 
ça n'était pas bien méchant, qu'il ne faisait jamais que jouer au catch avec ses 
copains, que les torts étaient partagés avec l'instituteur... J'ai pris le temps 
de l'écouter, de le raisonner et enfin, il est arrivé à reconnaître, avec 
beaucoup de désarroi, que son fils avait eu un comportement inacceptable.</p>
<p align="justify">En échangeant avec cet homme, j'ai vite compris que cette 
affaire trahissait une absence d'autorité parentale, liée à une situation 
familiale compliquée. Le garçon de 11 ans vit dans une famille éclatée et est en 
partie élevé par sa grande soeur dont ce n'est pas le rôle! Un de ses frères est 
apparemment connu des services de police pour des violences envers des forces de 
l'ordre. Le chaos familial est une cause malheureuse de la dérive de cet enfant 
sans repères, en début d'échec scolaire. Il faudra évidemment un parcours adapté 
pour redresser la situation.</p>
<h3>Les enfants ne naissent pas plus violents</h3>
<p align="justify">Après un rappel à la loi, j'ai passé un engagement moral avec 
le père: je lui ai demandé de prendre ses responsabilités, de s'investir auprès 
de son fils, de le recadrer et, de mon côté, je me suis engagé à tout faire pour 
lui redonner une seconde chance. J'ai ainsi obtenu que cet enfant soit intégré 
dans le dispositif de poursuite de scolarisation, que nous avons mis en place 
avec succès à Meaux, et qui était jusqu'à présent réservé aux collégiens 
difficiles. Ce dispositif consiste à placer l'élève exclu d'un collège dans un 
centre spécifique où il rencontre notamment un psychologue et un délégué du 
procureur avant d'être à nouveau scolarisé. L'enfant en question a ensuite 
intégré une nouvelle école où il suit les cours et les dispositifs d'aide 
scolaire. Je reverrai son père dans deux mois, pour faire un point avec lui et 
voir s'il a respecté sa part du contrat.</p>
<p align="justify"><strong>La violence des jeunes est un problème d'adultes! Les enfants 
du XXIe siècle ne naissent pas plus violents que ceux du siècle dernier. C'est 
la faillite éducative des adultes dans leur ensemble qui mènent aux dérives 
d'une partie de nos enfants. </strong>La fragilisation des structures familiales rend 
parfois les parents démunis. Cela invite les politiques à explorer de nouvelles 
pistes pour accompagner les familles dans leur mission d'éducation, sans les 
déresponsabiliser.</p>
<p align="justify">Je crois qu'il faut mobiliser autour du maire tous les services 
de l'Etat et des collectivités locales pour mettre en place un suivi 
personnalisé des familles les plus fragiles. C'est ce que nous faisons à Meaux, 
avec des résultats très satisfaisants. Nous réunissons autour d'une même table 
tous les acteurs concernés par la question de délinquance juvénile et 
d'insécurité à l'école: directeurs d'établissements, enseignants, services 
sociaux, élus locaux, police, parquet de justice... En coordonnant leurs 
efforts, tous ces acteurs identifient les familles à risque, les soutiennent  
et, au besoin, orientent les enfants vers des dispositifs adaptés de dépistage 
de la délinquance et de poursuite de la scolarisation. Les dispositifs comme 
«l'école des parents» où les familles trouvent un appui et des conseils sont 
également très utiles.</p>
<h3>Droit à l'expérimentation</h3>
<p align="justify"><strong>Parallèlement, nous devons mener une vraie réflexion sur la 
carte scolaire. Je suis 
convaincu qu'il faut faire davantage confiance aux acteurs de terrain, en 
profitant notamment du droit à l'expérimentation prévu par la loi. </strong>Je pense que 
pour renforcer la sécurité à l'école nous pourrions par exemple expérimenter le 
lancement d'établissements scolaires par classe plutôt que par quartier. Cela 
permettrait de protéger les élèves les plus jeunes de leurs aînés, parfois 
tentés de les menacer et de les dévoyer, et faciliterait le travail de 
surveillance à l'école.</p>
<p align="justify"><strong>A côté des mesures de sécurité indispensables, c'est bien cet 
effort en amont - de responsabilisation et d'appui des parents, de refonte de la 
carte scolaire et de coordination des services de l'Etat impliqués dans 
l'éducation - qui peut nous permettre de juguler la violence des plus jeunes. </strong>Il 
serait illusoire de croire que ce problème peut être résolu par une simple 
augmentation des effectifs de l'Education nationale. Plutôt que d'avoir une 
approche idéologique, nous devons tous nous retrouver, élus, enseignants et 
parents d'élèves, pour mettre en place des solutions adaptées à une violence qui 
traduit d'abord un échec des adultes.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Thu, 18 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Il n'y a pas de fatalité aux délocalisations !</title>
<description><![CDATA[<p>Depuis 1997, l'emploi industriel en France a baissé de plus de 10%, avec un 
net décrochage en 2001. La crise actuelle est loin d'améliorer les choses. 
L'opinion et les médias accompagnent, avec une colère mêlée de résignation, une 
litanie de délocalisations et de destructions d'emplois industriels, comme si 
elle était une inexorable spirale négative. <strong>Doit-on en conclure que la France 
est condamnée à devenir un désert industriel? Quatre raisons me poussent à 
considérer qu'il n'y a pas de fatalité aux délocalisations et que la France peut 
avoir un véritable avenir industriel.</strong></p>
<p><strong>1re raison: Nous pouvons créer de nouvelles filières en misant sur 
des investissements d'avenir</strong>. Des secteurs industriels ont certes fondu 
en France -par exemple, au milieu des années 1970, la sidérurgie employait plus 
de 200.000 personnes contre environ 20.000 aujourd'hui-, mais d'autres peuvent 
émerger. C'est tout le défi du «<strong>grand 
emprunt</strong>»: l'Etat va investir 35 milliards d'euros dans des secteurs 
d'avenir pour générer un effet de levier qui créera croissance et nouveaux 
emplois, notamment industriels. Imaginons seulement le bénéfice que tirerait la 
France d'un bon positionnement sur le développement durable, par exemple: le 
marché des produits et services verts devrait doubler dans le monde d'ici à 
2020, passant de 1.370 milliards de dollars par an à 2.740 milliards, créant au 
passage plus de 20 millions d'emplois nouveaux. Mais la France pourrait aussi 
tirer son épingle du jeu en renforçant son industrie agroalimentaire ou en 
devenant leader de la voiture électrique, pour le bénéfice de l'ensemble du 
secteur automobile français...</p>
<p><strong>2e raison:</strong> <strong>Les délocalisations se révèlent parfois 
moins intéressantes qu'elles le paraissaient de prime abord pour les entreprises 
industrielles</strong>. Il arrive qu'on assiste à un certain désenchantement 
parmi les «délocalisateurs» occidentaux: les pays émergents ne sont pas toujours 
l'eldorado industriel espéré. La productivité y est souvent moins élevée, les 
coûts et les délais de transports plus importants, la qualité de production 
parfois hasardeuse et les salaires ont tendance à augmenter. Ainsi, en 1996, le 
coût de travail en République tchèque était huit fois moins élevé qu'en France; 
en 2002, il n'était plus que cinq fois moins cher, et cette dynamique s'est 
poursuivie depuis. Au final, le coût complet après délocalisation peut avoisiner 
dans certains cas le coût de production en France.</p>
<p><strong>3e raison: l'enjeu environnemental devient un frein aux 
délocalisations et même un facteur de relocalisation</strong>. Les impératifs 
écologiques poussent au rapprochement du producteur et du consommateur, pour 
réduire les émissions de CO2 liés au transport et pour assurer une meilleure 
traçabilité du respect des normes environnementales. Dans cet esprit, les 
consommateurs davantage sensibilisés à l'écologie choisiront sans doute de plus 
en plus d'acheter des produits moins polluants. Pour aider à ce changement de 
comportement, il est nécessaire de mieux intégrer le coût écologique d'un bien 
dans le prix de vente, notamment grâce à une taxe carbone aux frontières de 
l'Europe. Les exigences vertes doivent s'appliquer également aux produits 
importés.</p>
<p><strong>4e raison: le handicap français lié au coût du travail peut être 
réduit avec de la volonté politique.</strong></p>
<p>Malgré les facteurs évoqués plus haut, le coût du travail en France reste un 
problème important. Il ne s'agit bien sûr pas de concurrencer la main d'oeuvre 
chinoise, mais de regagner quelques points en compétitivité, ne serait-ce que 
par rapport à nos voisins européens. En effet, l'érosion du secteur industriel 
en France s'explique surtout par un déficit structurel de la compétitivité du 
travail qu'il va falloir combler. Là encore, il n'y a pas de fatalité. 
L'Allemagne, qui a perdu proportionnellement plus d'emplois industriels que la 
France entre 1998 et 2006, a su inverser la tendance au prix d'un effort massif 
sur son coût du travail.</p>
<p>Pour baisser le coût du travail, il y a trois axes de travail.</p>
<ul type="disc">
<li><strong>Première piste: augmenter la productivité</strong>. Celle-ci est 
déjà très élevée en France, mais il faut continuer d'innover ou d'améliorer les 
conditions de travail pour progresser encore. 
</li>
<li><strong>Deuxième piste: alléger les charges qui pèsent sur le 
travail</strong>. La réforme de la taxe professionnelle va dans ce sens, tout 
comme les exonérations et allègements de charges sociales financés par l'Etat. 
Mais avec déjà plus de 30 milliards d'allègement de charges par an, on ne peut 
plus aller beaucoup plus loin! </li>
</ul>
<p>Le coeur du débat doit donc porter désormais sur notre protection sociale et 
particulièrement sur son financement: notre système de sécurité sociale est pour 
l'instant financé par des cotisations portant principalement sur le travail et 
en partie sur le capital. Faut-il transférer davantage le poids de ce 
financement vers le capital ou la consommation? Pour la taxation du capital, les 
marges de manoeuvre sont limitées: les capitaux peuvent franchir les frontières 
encore plus facilement que les usines et la France a déjà un taux d'imposition 
de plus de 40% du capital, 20 points supérieur à celui de l'Allemagne<a name="_ftnref"></a>.</p>
<p>Faire porter le financement de la sécurité sociale sur la consommation plutôt 
que sur le travail revient à instaurer une TVA sociale, comme cela a été 
appliqué en Allemagne. Outre-Rhin, la TVA est passée en 2007 de 16% à 19%: deux 
points de hausse ont été alloués à la réduction des déficits et l'autre point à 
une baisse des cotisations des salariés et des employeurs. Cela a permis à 
l'industrie allemande d'améliorer sa compétitivité et de gagner de nombreuses 
parts de marché à l'international, notamment aux dépens de la France. Opérer un 
tel transfert n'est pas sans danger dans notre pays, où la croissance est 
largement portée par la consommation. D'autant plus que cela éroderait le 
pouvoir d'achat des Français, à commencer par celui des retraités.</p>
<ul type="disc">
<li><strong>Troisième piste: augmenter la durée du temps de travail sans 
augmenter autant les salaires, au moins à court terme</strong>. Les Français 
sont-ils prêts à travailler plus pour gagner autant? C'est le «deal» 
qu'acceptent parfois les syndicats de certaines entreprises en échange de la 
promesse d'éviter une délocalisation. Les salariés sont sommés de se prononcer, 
«le couteau sous la gorge». Cela relève alors du chantage à l'emploi, ce qui 
n'est pas très sain pour notre démocratie sociale. Cette question est un tabou 
considérable dans le débat politique et économique français. Je considère 
pourtant qu'il faudrait poser cette question à tous les salariés français, dans 
le cadre d'un grand débat national, en leur proposant des contreparties fortes, 
par exemple la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle qui leur 
garantirait une employabilité tout au long de la vie. </li>
</ul>
<p>Aucune de ces pistes n'est un chemin facile. Mais il va falloir les explorer 
avec les Français et les partenaires sociaux avant de trancher, sous peine de 
condamner l'emploi industriel et notre système de protection sociale. Nous 
devons faire les choix courageux qui nous permettront d'inverser la tendance du 
déclin industriel français. L'exemple de l'Allemagne montre qu'un effort sur 
quelques années peut porter en germe des gains à moyen terme. Ce débat sera un 
rendez-vous de vérité au coeur de la campagne présidentielle de 2012.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Wed, 10 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>La régulation financière est toujours devant nous!</title>
<description><![CDATA[<p>Le FMI <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/27/previsions-de-croissance-du-fmi-la-chine-et-les-etats-unis-en-tete-l-europe-a-la-traine_1297342_3234.html" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>prévoit une année 2010 marquée par une reprise économique mondiale</strong></a>
à plusieurs vitesses: croissance molle en zone euro, robuste aux
Etats-Unis, à deux chiffres en Chine. <strong>Ces prédictions engagent de prime
abord à l'optimisme mais cette reprise sera fragile tant que l'économie
mondiale restera à la merci de l'éclatement de nouvelles bulles
spéculatives. </strong></p>
<p><strong>Les risques sont en effet multiples</strong>, notamment avec les
suites de la crise des subprimes, dont on a pas encore perçu toutes les
conséquences (le FMI estime que seule la moitié des 3000 milliards de
dollars des dépréciations bancaires liées à la baisse des actifs a pour
le moment été révélée...), ou avec la bulle spéculative dans les pays
émergents où la surchauffe de la croissance (10% en Chine, 7,7% en
Inde, 4,7% au Brésil) encourage les prises de risques inconsidérées.</p>
<p><strong>En clair, la sphère financière tend à revenir au «business as
usual», une fois passée la tempête médiatique sur les bonus. </strong>Ce retour
à une spéculation financière en partie déconnectée de l'activité
économique tient au décalage entre les déclarations d'intention sur la
régulation du système bancaire au niveau international à l'automne 2008
et les mesures de contrôle déjà effectives en 2010. Le chantier de la
régulation est encore largement devant nous. Parmi les grandes
priorités, il faut notamment :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Imposer une plus grande transparence aux établissements
sur les montants prêtés aux ménages, aux entreprises et aux
collectivités </strong>pour s'assurer que les banques financent réellement l'économie réelle.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Eviter </strong><strong>les dérives spéculatives</strong>
en limitant les opérations des banques pour leur compte propre, ou a
minima, en obligeant les banques à avoir les mêmes règles de
transparence pour la gestion des fonds pour le compte de tiers et pour
leur propre compte. Il faut également que les limites d'engagement des
traders soient transmises à l'autorité de tutelle pour des sanctions
immédiates en cas de dépassement. Surtout, il faut aligner tous les
acteurs de marché sur les mêmes règles prudentielles interdisant les
effets de levier excessifs qui mettent en péril l'équilibre du système.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Avancer sérieusement sur la remise à plat d</strong><strong>es normes comptables qui ont un effet d'amplification </strong><strong>des</strong><strong> crise</strong><strong>s</strong> en intégrant d'autres paramètres que la valeur du marché pour l'évaluation des actifs.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Encadrer davantage les instruments financiers comme la vente à découvert ou la titrisation</strong><strong>, par exemple, en obligeant les banques </strong>
à garder une partie des créances titrisées (la part la plus risquée)
dans leur bilan, jusqu'au remboursement effectif des créances. La note
émise par l'agence de notation au moment de la commercialisation du
produit titrisé devrait aussi être révisée plus régulièrement.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Revoir les missions d</strong><strong>es agences de notation</strong><strong></strong>: leur fonctionnement, le contrôle exercé sur leur activité, et éventuellement leur actionnariat. </li>
</ul>
<p><strong>Sur ces sujets, l'administration Obama a fait un certain nombre
d'annonces mais elle agit finalement peu, notamment du fait de
l'opposition du Congrès.</strong> </p>
<p>Quand Barack Obama, pour reprendre la main
suite à son revers électoral dans le Massachusetts, a annoncé jeudi 21
janvier, <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gsRbvEcvKIAbYXNCoqvk5wyFbosA" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>des mesures de régulation du secteur bancaire</strong></a>,
tout le monde en Europe s'est empressé d'applaudir sa démarche! Il a
expliqué vouloir limiter les activités de marché spéculatives des
grandes banques pour leur seul compte et réduire la taille des
établissements financiers afin d'éviter que l'Etat se retrouve à
nouveau dans l'obligation de venir au secours de mastodontes en péril.
</p>
<p><strong>Ces propositions sont intéressantes... à condition que les Etats-Unis
passent à l'action. L'expérience doit nous engager à beaucoup de
prudence. Il y a des précédents fâcheux.</strong> Qu'on songe, dans le domaine
environnemental, à la non ratification du traité de Kyoto; dans le
domaine comptable, aux normes IFRS que les Européens ont adoptées alors
que les Américains conservent toujours leurs propres normes comptables
plus souples, les US GAAP; ou encore au dispositif prudentiel Bâle II
destiné accroître les exigences de fonds propres des banques, qui n'a
toujours pas été adopté outre-atlantique alors qu'il est en vigueur
dans l'Union européenne...</p>
<p><strong>Le risque est que l'Europe se lance bille en tête dans une vaste
réforme de la régulation de son système financier, déjà plus
contraignant qu'outre Atlantique, alors que les Etats-Unis, au-delà des
effets d'annonce, reportent sine die cet effort chez eux. </strong>Il en
résulterait une distorsion de concurrence au détriment de l'Europe. Il
serait pour le moins paradoxal que l'effort de régulation pèse
exclusivement sur notre continent, qui est déjà plus raisonnable, alors
que la crise est venue des Etats-Unis!</p>
<p><strong>Ce risque n'est sûrement pas une raison pour abandonner le combat de
la régulation en attendant la prochaine crise... Il doit inciter
l'Europe à reprendre l'initiative et avancer unie pour défendre à
l'échelle internationale un modèle de régulation financière
raisonnable, valable pour tous les opérateurs dans le monde.</strong> Nous
pouvons nous appuyer dans cet effort sur les opinions publiques du
monde entier qui refusent que les choses reprennent leur cours comme si
de rien n'était.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Wed, 03 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Réguler l'agriculture pour lutter contre la faim</title>
<description><![CDATA[<p>« <em>Songeons que, dans un monde où la population croît à un rythme très rapide, un monde qui, il y a peu de temps encore, comportait 500 millions d'habitants et qui en comporte aujourd'hui 3 milliards, le risque alimentaire n'est pas dans la surabondance, il est dans la pénurie. Cette surabondance apparente est en réalité le fait d'une mauvaise organisation des marchés et d'une inégalité excessive entre les nations.</em>» </p>
<p>Voilà un <a href="http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/CAF94060535/m-pompidou-dans-le-cantal.fr.html">discours prononcé par Georges Pompidou</a> à Saint-Flour dans le Cantal en 1971 qui, à condition de mettre à jour les données - la terre compte aujourd'hui près de 7 milliards d'habitants-, n'a pas pris une ride. <strong>Les déséquilibres alimentaires et le problème de la faim dénoncés dans les discours des années 1970 sont malheureusement toujours d'actualité en 2010.</strong></p>
<p><strong>En quarante ans nous n'avons donc pas trouvé la bonne équation pour régler 
les questions alimentaires au niveau mondial. </strong>Les chiffres de la faim dans le 
monde sont plus que jamais préoccupants. Selon les donnés du dernier rapport de 
la FAO (l'organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture), 
1,02 milliards de personnes souffrent de sous-alimentation et près de 40 000 
personnes meurent de faim tous les jours. C'est quasiment comme si une ville de 
la taille de Meaux mourrait chaque jour de faim...</p>
<p> </p>
<p><strong>Face à des situations d'urgence -famines, émeutes de la faim- les 
institutions internationales et les ONG se mobilisent ponctuellement. C'est 
évidemment indispensable mais cela ne suffit pas. </strong>Les réponses conjoncturelles 
ne permettent pas de s'attaquer aux causes fondamentales du problème. Elles sont 
même parfois contreproductives: l'aide alimentaire internationale peut instaurer 
une «concurrence déloyale» par rapport aux producteurs locaux et déstabiliser 
durablement les agricultures en développement. Loin de moi l'idée de remettre en 
cause l'action humanitaire d'urgence, mais elle ne doit pas nous donner bonne 
conscience à peu de frais. <strong>Si nous voulons durablement traiter les défis de la 
faim dans le monde, il faut des remises à plat structurelles de l'agriculture 
mondiale.</strong></p>
<p><strong>Je n'ai pas une réputation d'étatiste acharné, mais je ne considère pas non 
plus le marché comme un dogme absolu. </strong>La loi de l'offre et de la demande, avec 
ses aléas et ses spéculations, ne peut pas régir un secteur aussi vital que 
celui de l'alimentation sans générer, au gré des saisons, des pénuries 
intolérables et des surplus gâchés. Les fruits de la terre ne sont pas des biens 
comme les autres.</p>
<h3><strong>Plus de partenariat que de concurrence</strong></h3>
<p><strong>Il faut donc inventer une régulation intelligente des marchés agricoles, qui 
soit davantage fondée sur le partenariat que sur la concurrence acharnée et qui 
s'appuie sur les grandes régions mondiales. Cette régulation passe par la 
création d'une Organisation Mondiale Agricole qui définirait les grands 
équilibres entre régions agricoles.</strong> Chacune de ces régions (Europe, Amérique du 
Nord, Amérique du Sud, Afrique, Russie, Chine, Inde...) doit viser 
l'autosuffisance et exporter ses surplus dans ses domaines de spécialisation 
sans menacer les agricultures des autres ensembles.  Cette organisation aiderait 
les régions à gérer leurs stocks et à limiter les variations brutales des cours. 
Par exemple, il pourrait y avoir dans chaque région des prix d'équilibre par 
denrée, qui pourraient fluctuer dans une fourchette variable, selon un mécanisme 
inspiré du défunt <a href="http://www.ena.lu/serpent_monetaire_europeen-010100278.html" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>serpent monétaire européen.</strong></a></p>
<p><strong>Jusqu'à présent, beaucoup de pays en voie de développement, notamment en 
Afrique, ont sacrifié leurs cultures vivrières, qui assuraient leur 
autosuffisance alimentaire, pour se consacrer à la monoculture (café, banane, 
cacao...). Ils se plient à la loi d'un marché agricole mondialisé qui pousse à 
la spécialisation dans la production. </strong>Ce mouvement les a placés dans une 
situation de grande dépendance: leur capacité à nourrir leur population est 
soumise aux aléas des prix agricoles sur les marchés internationaux. 
Parallèlement, l'indépendance alimentaire de ces pays a été fragilisée par 
l'insuffisance des investissements dans la modernisation de l'agriculture et 
plus largement dans les infrastructures indispensables au développement. Le 
rachat croissant de terres arables par des Etats ou des grandes firmes 
étrangères constitue une menace supplémentaire très sérieuse pour ces pays.</p>
<p><strong>Pour sortir de ce déséquilibre, il faut que les pays les moins avancés 
puissent assurer leur subsistance alimentaire par leurs propres moyens.</strong> Jacques 
Diouf, Directeur Général de la FAO, qui intervenait dans un colloque sur la 
sécurité et l'indépendance alimentaire organisé le 21 janvier par le groupe UMP 
à l'Assemblée nationale, a expliqué que, pour éradiquer la faim, l'agriculture 
des pays en voie de développement a besoin de 44 milliards de dollars par an. 
Les efforts dans l'aide au développement doivent se porter en priorité sur le 
volet agricole. Les institutions internationales et les pays comme la France 
doivent accompagner la création de filières agricoles intégrées dans les pays 
les moins développés et accélérer les transferts de technologie vers les 
agricultures les moins productives. Cette intensification des modes de 
production, accompagnée d'une augmentation des surfaces cultivables qui respecte 
les équilibres environnementaux, devrait permettre, selon la FAO, de couvrir 90 
% des nouveaux besoins agricoles dans les années à venir.</p>
<p>Ne nous voilons pas la face, c'est aussi une manière de contribuer à une 
meilleure maîtrise des flux migratoires internationaux ! Si nous voulons que les 
populations locales se fixent sur leur territoire, il faut au moins qu'elles 
puissent manger et boire selon leurs besoins. La faim est un des meilleurs 
alliés de l'immigration clandestine... Pas seulement entre le Sud et le Nord 
mais surtout entre les pays du Sud eux-mêmes, avec des risques de 
déstabilisation dramatiques pour les Etats les plus fragiles !</p>
<p><strong>Cette approche agricole mondiale qui refuse la dérégulation à tout crin passe 
en Europe par une politique agricole commune (PAC) forte et ambitieuse 
promouvant une agriculture européenne basée sur la qualité et la diversité des 
produits. </strong>Autant dire que le démantèlement de la PAC souhaité par certains est 
une aberration, alors même que les revenus des agriculteurs français ont chuté 
de 34% en 2009 après avoir baissé de 20% en 2008. Il faudrait plutôt moderniser 
la PAC et en faire un modèle que chaque grande région agricole adapterait selon 
ses spécificités. </p>
<p><strong>C'est bien en mettant en place une régulation agricole 
mondiale que nous pourrons rendre obsolète le discours de Georges Pompidou et 
relever l'immense défi qui nous attend dans les années à venir : augmenter de 
70% de la production agricole d'ici 2050 pour nourrir 9 milliards d'habitants 
sur la planète!</strong></p>
<p> </p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 21 01  2010 21:40:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>2010, une feuille de route passionnante pour Génération France.fr</title>
<description><![CDATA[<p><strong>A l'aube de cette nouvelle année, j'adresse à tous les membres de Génération France.fr mes voeux de bonheur et de succès.</strong> Puisse 2010 être une bonne et heureuse année pour vous et pour ceux qui vous sont chers. Que cette année permette à notre pays de sortir de la crise plus uni et plus dynamique !<br /><br /><strong>Ce début d'année 2010 est l'occasion de faire un point sur les perspectives de Génération France.fr dans les mois qui viennent.</strong><br /><br />Notre club a fêté à la fin de l'année dernière ses trois ans. <strong>2009 a été une année d'accélération très forte de notre développement.</strong> Au niveau local évidemment, puisque nous comptons maintenant soixante-dix-sept antennes dans les circonscriptions. De plus en plus de parlementaires et de Français de tous horizons nous rejoignent pour contribuer à nos débats et surtout, pour nous faire partager leurs idées. Je les en remercie chaleureusement.<strong> Les propositions lancées par Génération France.fr prennent de plus en plus de place dans le débat public. Notre site internet et la revue née en avril dernier, « Les Cahiers de Génération France.fr », nous permettent de les diffuser très largement et d'ouvrir de nouveaux champs de réflexion.<br /><br />En 2010, Génération France.fr va continuer son essor. </strong>L'évolution du paysage politique français confirme en effet l'intuition qui avait donné naissance à notre club en 2006. De plus en plus, les partis politiques s'affirment comme des machines extrêmement puissantes qui mobilisent leurs forces à l'approche des élections. Mais ces machines ont du mal à faire vivre le débat entre les échéances et à mobiliser au-delà de leur base partisane. Aux Etats-Unis, ce sont les think tanks qui nourrissent la réflexion politique. Ils animent le débat en livrant des propositions que les candidats peuvent évaluer et s'approprier avant que ne commencent les campagnes. <br /><br />Dans cette perspective, <strong>Génération France.fr veut préparer dès maintenant le grand rendez-vous de 2012, échéance majeure avec la présidentielle et les législatives.</strong> A partir des remontées des antennes locales et des ateliers du club, Génération France.fr a déterminé une feuille de route pour 2010, autour de cinq défis qui devraient faire l'élection de 2012.</p>
<h3>1/ La gouvernance de demain </h3>
<p><strong>En France, un nouvel équilibre des pouvoirs émerge, entre l'exécutif et le législatif. </strong>La décentralisation a donné davantage de pouvoirs aux élus locaux. Les partenaires sociaux sont systématiquement consultés sur les réformes importantes. Les citoyens ne se contentent plus d'être convoqués aux urnes tous les cinq ans. Ils veulent être davantage consultés On voit bien qu'on ne peut plus gouverner la France aujourd'hui comme dans les années 50. Il s'agit désormais d'inventer les modalités qui permettront de renouveler notre démocratie, sans paralyser l'action publique.<br /><br /><strong>Au niveau européen, le manque de légitimité démocratique des processus de décision est devenu un frein considérable à l'affirmation d'une Europe politique. </strong>Il est temps de sortir des approches « bruxello-bruxelloises » ou de l'opacité des négociations intergouvernementales pour remettre les citoyens au coeur de l'Europe. <br /><br /><strong>Au niveau international, l'échec de Copenhague a montré une fois de plus les limites des institutions internationales actuelles.</strong> A quand une évolution majeure, avec la création d'un conseil de gouvernance, regroupant le conseil de sécurité de l'ONU et le G20 et se prononçant sur tous les grands défis de la planète, qu'ils soient environnementaux, sanitaires, diplomatiques, économiques ?</p>
<h3>2/ La dette, question de société </h3>
<p><strong>Si nous voulons que la puissance publique garde des marges de manoeuvre et que notre système de sécurité sociale subsiste, le quinquennat 2012-2017 doit être un mandat de réduction des dépenses inutiles et de réformes structurelles majeures pour revenir à l'équilibre et rembourser nos créances. </strong>Quelles pistes mettre en oeuvre ? Comment les faire accepter par les Français ? Il ne s'agit plus d'une question technique, mais d'un véritable enjeu de société !</p>
<h3>3/ La nouvelle croissance</h3>
<p> <strong>La crise a accéléré la redistribution des cartes entre les grandes puissances. </strong>Si nous voulons que l'Europe pèse encore demain, face à la Chine, l'Inde ou les Etats-Unis, quels sont nos leviers de croissance ? Comment exploiter au mieux nos atouts, le capital humain, l'innovation, le développement durable, l'agriculture ?</p>
<h3>4/ Un nouveau pacte sur le travail </h3>
<p>Après le « travailler moins » des socialistes, avec l'indispensable « travailler plus », nous devons trouver comment « travailler mieux pour gagner plus ensemble » Tant que le rapport des Français au travail ne se transformera pas, le bien-être et le pouvoir d'achat des ménages seront limités et nous ne trouverons pas les ressources pour financer notre protection sociale. Ce chantier majeur concerne le monde professionnel, mais aussi l'école.</p>
<h3>5/ Une France rassemblée </h3>
<p><strong>La réflexion essentielle sur l'identité française doit se prolonger par un engagement de chaque Français sur ses droits et ses devoirs à l'égard de son pays.</strong> Comment construire une France rassemblée pour faire face aux défis du 21ème siècle ? C'est une question vitale pour prolonger ensemble l'aventure nationale, en conciliant unité et diversité.<br /><br />Nicolas Sarkozy a prouvé en 2007 que les grandes victoires électorales se construisaient d'abord sur le terrain des idées. <strong>Il est temps de préparer les propositions qui permettront de gagner à nouveau la confiance des Français en 2012. 2010 sera donc une année chargée pour Génération France.fr et pour tout ceux qui veulent réfléchir à la France de demain. </strong><br /><br />Sur chacun des cinq chantiers, après les élections régionales de mars prochain, nous allons tenir des grands forums qui nous permettront de dévoiler progressivement nos propositions et de les mettre en débat. L'objectif est que le programme soit prêt en 2011 pour donner toutes les chances à Nicolas Sarkozy de gagner dans deux ans et demi.<br /><br />Le premier de ces forums devrait se tenir fin avril. D'ici là,<strong> je compte m'investir à fond pour les élections régionales qui auront lieu en mars 2010. Dans un climat difficile, notre famille politique doit être unie et entièrement mobilisée. </strong>Je vais donc multiplier les déplacements auprès de nos candidats dans toute la France pour leur apporter mon soutien. <br /><br /><strong>Merci de votre confiance et de votre engagement dans cette aventure passionnante ! De tout mon coeur, je souhaite une bonne année à chacun d'entre vous !</strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Mon, 11 01  2010 21:40:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Mes trois propositions à la gauche, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Travaillons ensemble sur les retraites, les collectivités locales et le grand emprunt. </strong> </p>
<p>Des commentateurs ont vu le dernier remaniement comme un repli sur
le noyau UMP. Pourtant, les ministres d'ouverture ont tous été
confirmés. Accueillir des personnalités de gauche dans la majorité
présidentielle pour contribuer à la modernisation de la France est une
excellente initiative. Souvent réduite à un «coup politique»,
l'ouverture est surtout une nouvelle conception du travail
gouvernemental: tout en respectant le choix des Français, c'est prendre
les meilleurs talents d'où qu'ils viennent pour donner plus de chance
aux réformes. <br />
      <br /> A mon sens, il est temps de proposer
une seconde avancée: travailler main dans la main avec des
personnalités de l'opposition qui restent dans leur camp mais acceptent
d'agir avec nous pour l'intérêt général. L'objectif n'est pas de
débaucher les députés de gauche, mais bien de sortir des postures
attendues qui appauvrissent le débat politique et la discussion dans
l'hémicycle. Il n'est pas question d'abandonner son identité et ses
convictions. La démocratie ne se nourrit pas d'uniformité ou de
positions molles, elle est fondée sur la confrontation des points de
vue et la possibilité d'une alternance. <br />
      <br />
Lorsqu'il s'agit de se pencher sur des chantiers d'avenir qui
nécessitent des réformes lourdes, on voit bien que l'ouverture ne
suffit plus. Il faut créer du consensus. Or, pour cela, on doit avoir
pris le temps de travailler ensemble en amont de l'examen des textes de
loi sans pression médiatique ni réflexe partisan, à la recherche des
points d'accord. Il est temps de privilégier le dialogue et l'écoute
avec une obsession en tête: l'intérêt de la Nation. <br />
      <br />
Certains penseront que je me berce d'illusions. Or, travailler
ensemble, majorité et opposition, c'est possible. Dans beaucoup de pays
étrangers, droite et gauche sont capables de s'entendre ponctuellement
pour mettre de côté leurs intérêts partisans. On l'a vu au Danemark et
en Suède sur la question des retraites ou en Allemagne lorsque la
grande coalition arrive à promouvoir des réformes structurelles. <br />
      <br />
En France aussi, nous sommes capables d'une telle démarche. En 2001, la
LOLF (loi organique relative aux lois de finances) a été votée par la
droite sous un gouvernement de gauche. Ensemble, Didier Migaud, député
socialiste de l'Isère et Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne ont su
mettre en commun leurs talents pour transformer les règles du jeu
budgétaire. Pour que nous ayons les outils d'une meilleure gestion
publique, plus performante et plus transparente. Ce succès doit nous
donner le courage de prendre des initiatives qui vont dans ce sens. <br />
      <br />
Je propose à la gauche plusieurs travaux pratiques sur lesquels nous
devrions être capables de nous entendre. Pour peu que chacun y mette de
la bonne volonté et que nous ayons de l'ambition pour notre pays. Voici
trois propositions: <br />
      <br />
    
      <strong>Sur la réforme des retraites</strong>,
le rendez-vous est en 2010. D'ici là, il faut que nous venions devant
les Français avec des propositions fortes qui les rassurent sur la
pérennité de notre système. <br />
      <br /> Aujourd'hui, malgré les
réformes passées, notamment celle pilotée par Jean-Pierre Raffarin et
François Fillon en 2004, la retraite est un sujet d'angoisse pour
beaucoup de nos concitoyens. L'explosion des déficits publics ne va pas
les rassurer. Les plus jeunes sont très sceptiques sur la sauvegarde du
système actuel. Ils pensent qu'ils cotisent mais qu'ils ne toucheront
rien. Certains même vont jusqu'à menacer de ne pas payer la facture
laissée par leurs aînés. <br />
      <br />
Je crois qu'il y a en germe un conflit de générations très inquiétant
si nous ne sommes pas capables de moderniser notre système. <br />
      <br />
Au-delà de la question de la pérennité des retraites, il y a la
question de la justice! Le système actuel pénalise les salariés du
privé en général, les femmes et tous ceux qui ont des parcours
professionnels chaotiques en particulier. Surtout, il prend mal en
compte les questions de pénibilité. L'exemple suédois est passionnant:
dans ce pays, droite et gauche ont su travailler en amont ensemble pour
opérer un basculement d'un système par annuités à un système par
points, plus souple et plus juste. <br />
      <br />
Et si nous faisions de même? Et si, toutes les semaines, à l'Assemblée,
un groupe de parlementaires de droite et de gauche travaillait sur ce
scénario en s'appuyant sur des exemples étrangers, sur l'avis des
partenaires sociaux et des économistes. Nous pourrions avancer un
projet de réforme consensuel et ambitieux qui sauve la répartition et
renforce la justice de notre modèle social. <br />
      <br />
    
      <strong>Sur la réforme des collectivités locales</strong>,
avec les députés et les sénateurs de la majorité, nous avons avancé
plusieurs propositions très claires pour une meilleure gouvernance des
départements et des régions: mutualisation des services, création d'un
mandat de conseiller territorial fusionnant le mandat de conseiller
général et de conseiller régional... Ces propositions ont éclairé les
recommandations de la Commission Balladur. <br />
      <br /> La gauche
aura-t-elle le courage de passer à l'action avec nous? Préférera-t-elle
défendre des baronnies locales et des postes d'élus, ou fera-t-elle
avec nous le pari d'une réforme qui redonnera un nouveau souffle à la
décentralisation dans notre pays? <br />
      <strong><br />
        Sur le grand emprunt</strong>, le président de la République a lancé la réflexion dans trois directions :</p>
<ul>
<li>
      La consultation d'experts animée par Alain Juppé et Michel Rocard, un ancien Premier ministre de droite et un ancien Premier ministre de gauche!</li>
<li>La consultation des partenaires sociaux qu'il a commencé à rencontrer avec le Premier ministre François Fillon</li>
<li>La consultation des parlementaires, qu'il a lancée lors de son discours à Versailles  </li>
</ul>
<p>
Nous, députés de la majorité, nous allons lancer une consultation des
Français, dans nos circonscriptions. Dans la lignée des Etats Généraux
de la Dépense Publique, les députés du groupe UMP vont aller à la
rencontre de leurs électeurs pour échanger sur les priorités à financer
afin que notre pays redevienne une terre d'innovation et de croissance.
<br />
    <br />
Nous allons recueillir les propositions et en faire la synthèse lors de
nos journées parlementaires fin septembre. Et si la gauche faisait de
même dans ses circonscriptions ? <br />
    <br />
A l'automne, nous pourrions organiser un point d'étape et venir droite
et gauche avec nos propositions, dans un esprit d'écoute mutuelle et de
respect. Serions-nous incapables de nous entendre sur cette question de
l'innovation et de la croissance? <br />
    <br />
Voilà trois chantiers très concrets sur lesquels je tends la main au PS
sans arrière-pensée, dans le seul intérêt national. Dans une démocratie
moderne et apaisée, il est normal que des hommes de droite et de gauche
soient capables de travailler ensemble. Je suis conscient de la
révolution intellectuelle que je propose. C'est également un effort
pour la majorité. <br />
    <br />
Reconnaissons qu'il n'est pas dans la culture politique de notre pays
de chercher des solutions ensemble quand on peut faire passer ses
textes tout seuls. Le passage en force est plus courant que la
conciliation. Mais je crois que les Français nous seront vraiment
reconnaissants de cet effort.</p>
<h6>Jean-François Copé </h6>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Sat, 15 08  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Fiscalité écologique: oui à l'incitation, non à la taxation aveugle par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p><strong>En matière d'environnement, tout le monde s'accorde sur un constat d'urgence: un changement de mode de vie est indispensable pour sauvegarder la planète. </strong>Mais on ne met pas fin à des réflexes de consommation adoptées depuis des années en se contentant de slogans et de déclarations d'intention. Il faut des incitations concrètes. La fiscalité en est une. Bien employée, elle peut avoir un effet d'entraînement extrêmement efficace. C'est tout l'intérêt de la taxe carbone... à condition de respecter certains principes.<br /><br />En touchant au portefeuille, on incite les citoyens à changer. Le succès du mécanisme du bonus malus automobile en est l'illustration. Ce système, mis en place suite au Grenelle de l'environnement, encourage l'achat des véhicules les moins émetteurs de CO² et pénalise les acheteurs des véhicules les plus polluants. Le principe est juste et efficace: celui qui fait un effort est récompensé et celui qui pollue plus doit payer. Ainsi, en 2008, les ventes de véhicules les plus gourmands en carburant ont baissé de 40%, tandis que celles de modèles sobres ont augmenté de 45%. Malgré cette réussite, ce dispositif, uniquement ciblé sur l'automobile, n'est pas suffisant.<br /><br /><strong>Le projet d'une taxe carbone concerne toute activité productrice de CO² - déplacements, chauffage, production industrielle -, lorsqu'elle basée sur les énergies fossiles. La fiscalité permet d'intégrer le coût écologique pour mieux prendre en compte l'environnement.</strong> En Suède, en Finlande, au Danemark, au Royaume-Uni, depuis le début des années 1990, des mesures similaires à la taxe carbone ont été prises et ont contribué à des baisses significatives des émissions de CO². Au Danemark par exemple, depuis 1992, les émissions de gaz ont baissé de 30.5%. En France, même si elle n'est pas en tant que telle une taxe écologique, la TIPP a incité à la modération: un citoyen français consomme aujourd'hui trois fois moins d'essence qu'un citoyen américain.<br /><br /><strong>Mais la taxe de carbone ne peut être mise en place aveuglement. Il faut veiller à éviter deux écueils: d'une part, elle ne doit pas être utilisée comme un prétexte pour augmenter les prélèvements obligatoires; d'autre part, la taxe doit être un instrument pour changer les comportements et non une punition injuste.</strong> Une logique de sanction brutale serait la meilleure façon de démobiliser les Français par rapport à l'urgence écologique.<br /><br /><strong>Soyons cohérents: une fiscalité verte doit financer l'écologie. </strong>On ne peut se contenter de taxer les émissions de CO² sans investir parallèlement dans secteurs d'avenir qui vont nous permettre des solutions alternatives aux énergies fossiles. Une partie des recettes générées par la taxe doit donc être consacrée à cette fin. La taxe pourrait ainsi servir à investir dans les véhicules propres et dans le développement des transports publics. La taxe carbone ne doit pas non plus alourdir la pression fiscale en France. Elle doit donc s'accompagner d'une baisse simultanée d'autres charges, par exemple une diminution de la fiscalité pour les ménages et la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises.<br /><br />Enfin, l<strong>a taxe carbone ne doit pas s'apparenter à une punition pour ceux qui, même avec la meilleure volonté du monde, ne peuvent changer dès aujourd'hui leur mode de déplacement. En l'absence de transports en commun, particulièrement en milieu rural, nombre de citoyens n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour aller travailler, faire leurs courses... </strong>Un mécanisme de compensation financière doit donc être mis en place pour ces ménages. Ce mécanisme ne doit évidemment pas annuler l'effet incitatif de la taxe mais au moins compenser le surcoût induit par le lieu de résidence. La compensation ne doit pas pour autant mener à l'instauration d'un mécanisme de redistribution coûteux et rigide: il serait paradoxal que lutte contre les effets de serre aboutisse à la création d'une véritable usine à gaz administrative.<br /><br />En respectant ce principe de justice et cette logique d'incitation, nous avons l'occasion de mettre en place une fiscalité écologique moderne et efficace. C'est dans cet esprit qu'avec les députés de la majorité, je souhaite contribuer au débat sur la taxe carbone.</p>
<h5>Jean-François Copé</h5>]]></description>
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<pubDate>Tue, 08 09  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Combattre la souffrance au travail, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12px;"><strong>Les entreprises doivent réapprendre et vite à motiver les salariés autrement que par le stress.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le travail est au coeur des problèmes essentiels de notre pays:
compétitivité, croissance, retraites, financement de la protection
sociale, exclusion... Sur tous ces grands enjeux, c'est par le travail
que la France s'en sortira. Or, il y a aujourd'hui un vrai malaise dans
beaucoup d'entreprises où le travail est trop souvent synonyme
d'angoisse ou de malheur.</p>
<p style="text-align: justify;">On l'a encore vu très récemment avec plusieurs suicides dans des grandes entreprises comme Renault ou France Télécom.
Bien sûr, un suicide reste toujours un acte mystérieux, qui ne se
résume pas à une seule explication. Mais il ne faut pas se voiler la
face: plusieurs cas traduisent quand même clairement ce malaise. Dans
l'émotion, certains ont voulu la démission des dirigeants concernés.
C'est un réflexe très français, dès qu'on est face à un problème, on
rejoue 1793. Il faut trouver un bouc émissaire, sortir les piques et
couper des têtes. Une fois les têtes tombées et la colère satisfaite,
on oublie de s'interroger sur les causes du problème. C'est tout
l'inverse qu'il faut faire, ne pas stigmatiser une personne mais
proposer des solutions structurelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mode de management de beaucoup de nos entreprises doit évoluer de
fond en comble. Certaines pratiques posent question: par exemple, la
mobilité obligatoire au bout de trois ans, chez France Télécom. Lorsque
j'ai découvert cette obligation pour les cadres, j'ai été sidéré! La
mobilité professionnelle est positive lorsqu'elle est choisie, mais il
n'est pas juste d'obliger un salarié à changer de cadre de vie tous les
trois ans, sans lui demander son avis. Quid de son équilibre de vie?
Quid du conjoint qui a un travail par ailleurs, des enfants qui doivent
changer d'école et quitter leurs amis?</p>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises <strong>doivent réapprendre à motiver leurs salariés, autrement que par le stress</strong>.
C'est une aberration humaine et économique. Plusieurs études montrent
que le stress au travail coûterait chaque année 3 à 5% du PIB (Produit
intérieur brut) (arrêt maladie, perte de productivité, départ anticipé,
turn over...) Or, un salarié qui a peur de l'avenir, c'est un salarié
frileux. Un salarié heureux dans son travail, c'est un salarié motivé,
qui s'absente moins, qui innove plus, qui est plus productif... Celui
qui, à force de se pencher sur des tableaux de chiffres, oublie que
l'entreprise est d'abord une communauté d'hommes et de femmes qui
partagent des objectifs communs, fait fausse route. La crise financière
l'a montrée.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment, on parle beaucoup de la responsabilité écologique des
entreprises. C'est bien. Il ne faudrait pas oublier de mettre l'accent
sur la <strong>responsabilité sociale</strong>, qui est un des trois
piliers du développement durable: progrès économique, progrès social,
respect de l'environnement. Je voudrais que les responsables politiques
soient vigilants pour que cette responsabilité soit réellement assumée.
Pas en se substituant aux dirigeants d'entreprise, mais en soutenant
ceux qui s'engagent sur cette voie d'avenir, en valorisant les bonnes
pratiques et en sanctionnant les abus.</p>
<p style="text-align: justify;">La politique d'une nation ne se limite pas à son taux de croissance
et à son taux de prélèvement obligatoire! Je ne me suis pas engagé en
politique pour me laisser enfermer dans un rôle de gestionnaire. Dans
un monde où la dimension économique et financière prend une dimension
écrasante, les politiques doivent avoir le recul suffisant pour
remettre les choses en perspective. Le sens de notre mission, c'est le
service de l'homme; c'est l'attention au respect de la dignité de
chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains diront: «est-ce bien aux hommes et aux femmes politiques de
donner des leçons de management au monde de l'entreprise alors qu'ils
n'y connaissent rien?». Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de
réaffirmer la responsabilité du politique dans l'économie. Cela s'est
avéré nécessaire pour lutter contre la crise, c'est indispensable pour
lutter contre la souffrance au travail. Et puis c'est aussi l'Etat
actionnaire qui doit s'impliquer aujourd'hui: il possède plus de 26% de
France Télécom et près de 70% des agents sont fonctionnaires. C'est
pour cela que j'ai reçu hier l'intersyndicale de France Télécom avec
Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines, auteur d'un rapport sur la pénibilité au travail. Nous avons pu écouter la perception de l'impact social  des mutations économiques de France Telecom.</p>
<p style="text-align: justify;">Les parlementaires de la majorité vont travailler main dans la main
avec les partenaires sociaux sur un nouveau pacte sur le travail dans
notre pays: il ne s'agit pas seulement de travailler plus pour gagner
plus, il faut travailler mieux pour gagner ensemble. Avec Pierre
Méhaignerie, président de la Commission des Affaires sociales, je vais
présider un groupe de travail de députés UMP et du Nouveau Centre qui
va travailler sur ce défi. Le chantier ouvert est très vaste puisqu'il
traite des sujets suivants: la santé au travail et les conditions de
travail; l'impact des nouvelles technologies (travail sous pression,
vie privée/vie professionnelle); l'impact des nouvelles organisations
du travail (sous-traitance, flux tendu, délocalisation); les relations
sociales au sein de l'entreprise (association des salariés, solidarités
professionnelles); l'appréhension par le management de ces mutations
(formation des managers, notamment au niveau intermédiaire). La mission
du groupe débutera le 15 octobre prochain en présence des partenaires
sociaux, signataires de l'Accord national interprofessionnel de 2008
sur le stress au travail. Dans la foulée, des ateliers réunissant des
députés, des partenaires sociaux, des praticiens en ressources humaines
se réuniront.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce stade, je voudrais ouvrir quelques pistes de réflexion qui méritent peut-être d'être abordées dans ces ateliers :</p>
<ul class="unIndentedList" style="text-align: justify;">
<li> De même que le rapport Stiglitz a montré qu'on ne pouvait pas se baser sur le seul PIB pour mesurer le bien être dans un pays, <strong>pourquoi ne pas publier des indicateurs sur le bien-être des salariés dans les grandes entreprises?</strong>
En complément des indicateurs économiques et financiers, ces
indicateurs pourraient être publiés dans les rapports annuels,
présentés systématiquement aux candidats dans le processus
d'embauche... Le bien-être des salariés deviendrait ainsi un outil
d'attractivité pour le recrutement! </li>
<li> <strong>Pourquoi ne pas mettre en place un système de bonus-malus sur les charges sociales</strong>
pour les entreprises qui misent sur le capital humain, en développant
la formation tout au long de la vie, l'employabilité, l'évolution des
carrières...? On le fait bien pour protéger l'environnement. Pourquoi
pas pour promouvoir le «capital humain»?</li>
<li> <strong>N'est-il pas enfin temps de renforcer la syndicalisation?</strong>
Avec des syndicats plus forts, on aurait des centrales plus disposées
au dialogue et des salariés plus impliqués et plus informés sur la
stratégie de l'entreprise. Certaines entreprises, comme Axa, donnent un
«chèque syndical» à leurs salariés: chaque salarié reçoit ainsi un
chèque destiné à financer l'organisation de son choix, libre à lui de
s'en servir ou non. Dans certains pays, on ne bénéficie des accords
négociés par les syndicats que si l'on cotise à une association
représentant les personnels. Pourquoi ne pas y réfléchir en France? </li>
<li> <strong>La révolution du travail n'aura lieu que si les entreprises jouent le jeu de la rémunération</strong>. Quand les résultats sont là, il est normal que tous les salariés en profitent, pas seulement les hauts dirigeants! </li>
<li> Enfin, il faudrait oser étudier <strong>le lien entre les 35 heures et la dégradation des conditions de travail.</strong>
La diminution du temps de travail s'est souvent traduite par une hausse
du stress au travail: il faut faire presque autant en moins de temps.
Les 35 heures ont contribué à une perte de la convivialité dans
l'entreprise en assimilant le travail à une aliénation, seule la vie
privée offrant un espace d'épanouissement.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si nous arrivons transformer le rapport des Français au travail,
nous gagnerons sur toute la ligne. Pour les salariés, en bien-être et
en pouvoir d'achat. Pour la société toute entière, cela permettra
notamment d'assurer la survie de notre protection sociale et notre
prospérité. C'est dans cet esprit déterminé et positif que la majorité
parlementaire s'engage sur ce chantier difficile. Voilà pour le
Parlement une façon d'utiliser à bon escient le pouvoir d'initiative
renforcé dont nous disposons grâce à la réforme constitutionnelle de
2008!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean-François Copé</em></p>]]></description>
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<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 15 10  2009 09:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Faire de la langue arabe une option comme une autre</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Au coeur de mon engagement politique, la question de l'identité nationale prend une place de premier plan. Alors que je sens notre nation tiraillée par des tensions et des doutes, je veux réaffirmer avec force le besoin d'unité, sans lequel l'exaltation permanente de la diversité n'a pas de sens. Dans cette perspective, je récuse l'explication différentialiste qui inviterait à considérer le port de la burqa dans la sphère publique comme une pratique légitime, au nom d'un héritage culturel ou religieux.</strong> Je suis pour une loi d'interdiction de la burqa dans l'espace
public, précédée d'une phase de dialogue pour expliquer aux personnes
concernées ce qui est en jeu.
</p>
<p>Dans ce contexte, la proposition que j'ai avancée récemment de
développer l'enseignement de la langue arabe au sein de l'Education
nationale a suscité un débat et quelques incompréhensions. Comme si ces
deux positions, sur la burqa d'une part et sur la langue arabe d'autre
part, étaient incohérentes. Je crois au contraire qu'elles s'inscrivent
dans la même logique de fidélité aux valeurs de la République et dans
la même dynamique de renforcement de notre communauté nationale.</p>
<p><strong>Ma proposition sur la langue arabe part d'un constat simple :
aujourd'hui, quand un jeune veut apprendre l'arabe dans notre pays, il
s'adresse en priorité à la mosquée, plutôt qu'à l'école.</strong> Quand on regarde les chiffres,
on s'aperçoit en effet qu'au primaire, 36 000 élèves sont pris en
charge par l'Education nationale via le dispositif des ELCO
(enseignements de langue et culture d'origine). Ce système a été lancé
par des accords bilatéraux passés dans les années 1980 notamment avec
l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Il met à la disposition de
l'Education nationale des enseignants étrangers détachés en France pour
enseigner l'arabe. Au secondaire, seuls 4 800 élèves suivent des cours
d'arabe dans le cadre des collèges et des lycées. Il y a donc près de 8
fois moins d'élèves au secondaire qu'au primaire. Comment expliquer
cette déperdition?</p>
<p>On voit aussi qu'un département sur deux n'offre pas de formation
d'arabe au secondaire, ce qui oblige 1 800 élèves à prendre des cours
par correspondance auprès du CNED
(Centre national d'enseignement à distance). En revanche, plus de 65
000 jeunes en âge d'être scolarisés suivent des cours d'arabe dispensés
par le secteur associatif. Or aucun contrôle n'existe sur cet
enseignement: il peut être d'excellente qualité comme donner lieu à des
dérives voire à des récupérations intégristes à l'insu des parents.</p>
<p>Comment expliquer un tel écart entre la demande pour apprendre
l'arabe dans notre pays et l'offre de l'Education nationale? Il y a
sans doute une méfiance liée à une confusion simpliste qui règne trop
largement: proposer d'enseigner l'arabe dans nos classes reviendrait à
installer l'islam au coeur même de l'école laïque. L'arabe est ainsi peu
à peu assimilé à une langue essentiellement identitaire ou religieuse
dont l'apprentissage serait un réflexe communautariste. Pourtant, il ne
devrait pas y avoir plus de blocages avec l'arabe que pour d'autres
langues étrangères, auxquelles sont attachées d'importantes communautés
d'immigration dans notre pays, comme le portugais, l'italien ou
l'espagnol.</p>
<p><strong>Il est légitime pour des parents de souhaiter que leurs enfants
apprennent la langue d'origine de leur famille. Non seulement pour
garder un lien vivant avec leur histoire familiale, mais surtout pour
leur ouvrir des opportunités. </strong>Les zones de langue arabe, les pays du
Golfe ou le Maghreb par exemple, sont en pleine croissance et sont
demandeuses de jeunes français arabisants et bien formés. Sans
développer l'apprentissage de l'arabe à l'école, la France prive
certains de ses jeunes de vraies opportunités de carrière. A l'heure où
l'on s'inquiète du chômage des jeunes et l'on insiste sur l'importance
de maîtriser des langues étrangères, il serait étonnant de continuer à
se fermer des débouchés sur près de 300 millions de personnes dans le
monde.</p>
<p>Le malaise actuel est d'autant plus paradoxal que la France a
toujours été novatrice dans son ouverture aux langues orientales. Une
longue histoire unit la France à la langue arabe: François 1er a été le
premier à ouvrir en 1530 une chaire d'arabe en France. En 1905, l'arabe
a fait son entrée dans les concours de recrutement de la fonction
publique tandis qu'une agrégation d'arabe était fondée. Depuis 1975,
l'arabe est proposé aux élèves du secondaire comme une langue vivante
1, 2 ou 3. La France est d'ailleurs le seul pays occidental à enseigner
la langue et la civilisation arabe depuis le primaire jusqu'à
l'université, en s'appuyant sur un corps d'enseignants titulaires de la
fonction publique, recrutés par concours. On connaît aussi la grande
oeuvre de l'orientalisme français, de Champollion jusqu'à Massignon en passant par Corbin ou Charles de Foucauld,
qui témoigne de la fascination et de l'amour de notre pays pour les
civilisations d'Orient. Au regard de cette grande tradition, la
possibilité d'apprendre l'arabe en France devrait donc être une simple
formalité.</p>
<p>L'Education nationale semble prendre peu à peu conscience du
problème. Elle a donc défini en 2008 quelques orientations pour changer
la donne: l'implantation de filières d'excellence; la création de 6èmes
bilangues anglais-arabe et de nouvelles sections internationales; le
développement d'un enseignement inter-établissements dans les lycées de
centre ville des grandes agglomérations ou encore l'implantation de
l'arabe dans les formations du tourisme, de la restauration et de
l'hôtellerie. Ces propositions vont bien sûr dans le bon sens, mais
suffiront-elles à répondre à l'urgence de la demande?</p>
<p>Des bassins regroupant un potentiel important d'élèves issus de
l'immigration et désireux d'apprendre l'arabe sont aisément
identifiables dans les grandes agglomérations. Un maillage répondant
mieux aux besoins peut être mis en place. Pourquoi ne pas mettre en
place un grand plan de développement de l'arabe, analogue à celui
auquel on assiste pour le chinois aujourd'hui? Pourquoi ne pas ouvrir
plus de places au CAPES et à l'agrégation d'arabe? Pourquoi l'Education
nationale, dans le cadre des ELCO, ne renforcerait-elle pas ses
exigences en termes de méthode, programme et formation tout en
élargissant le dispositif ?</p>
<p><strong>«Qu'ils apprennent déjà le Français!». J'entends déjà les réactions
de ceux que cette proposition dérange. Là n'est pas la question.
L'instruction du français doit évidemment être renforcée.</strong> <strong>Son
apprentissage est l'une des raisons d'être de l'Education nationale
quand l'arabe ne doit être qu'une option offerte à ceux qui le
souhaitent, sans se substituer à l'indispensable maîtrise de l'anglais.
Apprendre une langue en plus, ce n'est pas un frein, c'est toujours un
atout.</strong></p>
<p>Jean-François Copé</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Tue, 15 09  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pour un Conseil de Gouvernance mondiale, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans quelques jours, le sommet du G20 se réunira à Pittsburgh.
L'ordre du jour est chargé et les attentes sont énormes. Outre le suivi
des plans de relance dans les différentes économies, il s'agit de voir si les décisions prises en matière de régulation et de transparence au sommet de Londres en avril dernier
ne sont que de belles intentions ou si elles sont effectivement mises
en oeuvre. Alors que les marchés financiers reprennent de la vigueur,
les opinions publiques à travers le monde attendent de voir si les
Chefs d'Etat se contenteront d'un retour au «business as usual» ou
s'ils tenteront de reprendre la main pour construire un système
financier plus solide, où les opérateurs assument davantage leurs
responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">En clair, c'est le grand test pour les responsables politiques.
Après le temps des grands discours au coeur de la crise où chacun a
fustigé les excès de la finance, de Washington à Londres, de Paris à
Buenos Aires, c'est le temps de la volonté politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette volonté est déterminante et on espère qu'elle triomphera des
frilosités à Pittsburgh. Mais sera-t-elle suffisante sur la longue
durée pour mieux réguler l'économie mondiale? Comme le disait Jean
Monnet, père de l'Europe, «rien n'est possible sans les hommes mais
rien n'est durable sans les institutions.»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des institutions internationales obsolètes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Or s'il y a une évidence que cette crise a révélé avec force, c'est
bien l'absence d'institutions capables de traiter les problèmes
économiques mondiaux. Sans le sang froid et l'initiative de chefs
d'Etat comme Gordon Brown, Nicolas Sarkozy ou Angela Merkel, l'économie
mondiale aurait pu sombrer de façon encore plus violente en septembre
dernier, alors que les Etats-Unis étaient «paralysés» par leur campagne
présidentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vivons encore avec des institutions internationales du milieu
du 20ème siècle, complètement inadaptées à la situation mondiale
actuelle et aux développements des échanges internationaux. FMI, G8,
G20, ONU, OMC, OMS... Qui est à même d'anticiper les crises? d'y
répondre rapidement? avec une autorité et une légitimité suffisantes?</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut sortir du «système D» et inventer une gouvernance du système
international enfin adaptée au 21ème siècle, avec une capacité à
aborder de front les problèmes économiques, politiques, écologiques et
sociaux qui sont de plus en plus complexes et interdépendants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système actuel est dépassé parce qu'il y a trop d'organes
spécialisés, sans vision globale, et sans réel pouvoir de décision. Il
y a en outre un vrai problème de représentativité des pays du Sud et
des pays émergents dans les instances dirigeantes....</p>
<p style="text-align: justify;">Pour gagner en légitimité et en efficacité, je propose la fusion du
G8, du G20 et du Conseil de sécurité de l'ONU, dans une nouvelle
instance qui serait baptisée «Conseil de Gouvernance».</p>
<p style="text-align: justify;">Elle verrait ses compétences étendues aux défis économiques,
environnementaux et sociaux. On pourrait même imaginer de placer le FMI
et la Banque Mondiale sous son autorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle intègrerait des États de tous les continents et assurerait en
particulier une meilleure représentativité des Etats du Sud et des
économies émergentes (90% du PIB mondial et 65% de la population). Elle
permettrait de gagner en efficacité: on simplifierait considérablement
la gouvernance mondiale en diminuant le nombre d'instances et de Forums
dont les opinions publiques se demandent parfois à quoi ils servent.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle règlerait du même coup la nécessaire et difficile réforme du Conseil de sécurité de l'ONU.</p>
<p style="text-align: justify;">Très concrètement il s'agirait de faire passer le Conseil de
Sécurité de l'ONU de 15 à 25 membres, comme c'est déjà prévu dans le
projet de réforme en discussion actuellement. Outre les 5 membres du
Conseil permanent actuel (France, Chine, Etats-Unis, Japon, Russie,),
on n'y intégrerait, en qualité de membres permanents, les 14 autres
pays membres du G20 qui n'en font pas partie comme le Japon,
l'Allemagne, l'Arabie Saoudite, le Brésil, ou l'Inde... Et il y aurait
toujours 6 membres tournant pour assurer la représentativité des autres
pays.</p>
<p style="text-align: justify;">A ceux qui considèrent que ce projet est un peu utopique, j'ai envie
de répondre : n'attendons pas la prochaine crise pour se rendre compte
qu'une réforme de la gouvernance internationale est indispensable !</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-François Copé</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Tue, 22 09  2009 15:36:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pour l'égalité professionnelle des sexes, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il faut l'avouer, à l'Assemblée, la parité n'est pas du tout respectée:
malgré les pénalités financières qui sanctionnent les partis PS comme
UMP, 18.5% seulement des députés sont des femmes! Que dire du
Gouvernement...Reconnaissons qu'il y avait eu des vraies avancées en
2007. Mais on peut regretter que deux ans plus tard, au niveau des
ministres, il n'y ait désormais plus que 4 femmes et 14 hommes...</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h4>Il faut une volonté politique</h4>
<p style="text-align: justify;">La famille politique à laquelle j'appartiens a beau avoir fait des progrès, elle n'est pas encore exemplaire, loin de là ! Il y a toujours mille raisons pour justifier cette situation: la prime au sortant, au réseau, à l'implantation locale... Les faits sont là: lorsque les élections approchent, le renouvellement est trop rare. <strong>Je ne crois pas à la vision «tranquillisante» qui dit qu'avec le temps, tout ira mieux. La clé du changement, c'est la volonté des dirigeants des partis de changer. C'est l'engagement continu des femmes, c'est leur investissement militant, c'est leur refus de jouer les seconds rôles !</strong><br /><br />Pour ma part, depuis mon arrivée à la présidence du groupe UMP, je veille à assurer un équilibre dans les prises de parole, lorsque nous formons un groupe de travail, une commission... J'ai surtout réservé des postes pour des femmes dans les élections internes. Nous sommes fiers aujourd'hui d'avoir une Vice-présidente UMP à la tête de l'Assemblée nationale -Catherine Vautrin-, alors qu'il n'y avait autrefois que des hommes. De même, il y a enfin une femme à la tête d'une commission permanente de l'Assemblée, grâce à l'élection de Michèle Tabarot comme présidente de la commission des affaires culturelles et de l'éducation.<br /><br /><strong>Dans la sphère économique, la situation est encore pire qu'en politique.</strong> L'inégalité est d'abord salariale: la rémunération brute totale moyenne des femmes est inférieure de 27% à celle des hommes. L'écart est plus élevé encore parmi les plus diplômés et les salariés les plus âgés. L'inégalité existe aussi pour l'accès aux postes à responsabilités: les femmes constituent près de la moitié de la population active: 47%. Et quelle est leur place dans les conseils d'administration des 500 premières entreprises françaises? 8% ! Près de 60% des sociétés en question n'ont tout simplement pas de femmes dans leur conseil d'administration. Là encore, comme en politique, les explications ne manquent pas: la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, l'impact des congés maternité (55% des femmes ont le sentiment qu'ils ont des conséquences négatives sur leur déroulement de carrière...), le manque de renouvellement des instances, le multi-cumul des mandats d'administrateurs répartis entre quelques personnes... Cela fait-il une excuse valable? Bien sûr que non! Une fois qu'on a dit son désaccord, on ne peut plus se contenter d'un discours avec des belles intentions. Faut-il attendre que les choses changent toutes seules ? Non : il faut un déclencheur pour accélérer le changement!</p>
<h4>Révolutionner les entreprises</h4>
<p style="text-align: justify;">Marie-Jo Zimmermann, député de la Moselle, a déposé une proposition de loi pour appliquer le principe constitutionnel d'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité. Elle propose que la part de femmes ou d'hommes dans un conseil d'administration d'une grande entreprise ne puisse plus être inférieure à 40% dans les 5 ans qui viennent. A terme il faudra aller jusqu'à 50%. Certains s'en offusquent. Pour moi, il est temps de donner un signal fort. Il faut briser ce plafond de verre qui freine les femmes dans leur carrière, de façon injuste.<br /><br /><strong>Avec une telle révolution à la tête des entreprises, on peut espérer une impulsion qui se diffuse dans toutes les organisations. </strong>Aujourd'hui, les jeunes femmes sont notamment tiraillées entre leur carrière professionnelle et leur désir de maternité. Même si la France est un pays qui arrive à concilier un des plus hauts taux d'activité des femmes et un taux de fécondité élevé, l'articulation de la vie familiale et de la vie professionnelle reste un casse-tête. Quoiqu'on en dise, la maternité est encore trop souvent pénalisante. Je suis sûr que le jour où une jeune femme d'une trentaine d'années verra dans le conseil d'administration de son entreprise des femmes qui ont pu mener de front une carrière professionnelle et une vie personnelle, elle se sentira tirée vers le haut.<br /><br /><strong>Surtout, cela permettra de propager par le haut de nouvelles bonnes pratiques pour lutter contre les inégalités entre femmes et hommes dans l'entreprise.</strong> Les conseils d'administration ont effet le devoir de veiller à la stratégie de l'entreprise, notamment en matière de rémunération. La parité dans les conseils d'administration, c'est donc un moyen de veiller à une politique salariale équilibrée entre les femmes et les hommes.<br /><br />Dans la même logique, je suis pour une obligation de parité sur les listes prud'hommales et sur les listes de délégués du personnel et des comités d'entreprise.<br /><br /><strong>Bien sûr, on nous objectera que l'entreprise n'a pas vocation à être représentative. Contrairement aux instances politiques. Et donc que la parité obligatoire est légitime dans une assemblée représentative mais pas dans le monde économique. </strong>Ce raisonnement s'applique sans doute pour des petites entreprises, où l'exigence de parité serait impossible. En revanche, <strong>au conseil d'administration d'une grande entreprise, c'est la sous-représentation des femmes qui n'est pas légitime ! </strong>Je vois tout le bénéfice que tire de la parité une équipe dirigeante dans une collectivité locale. Je crois qu'il faut en faire profiter le privé ! D'ailleurs une étude de Michel Ferrary, chercheur à Sophia-Antipolis, montre que les entreprises qui emploient le plus de femmes, notamment chez les cadres, sont plus performantes et rentables que les autres!<br /><br /><strong>Par cette décision, la France affirmerait son engagement déterminé sur la question de l'égalité hommes-femmes. </strong>Il y a une forme de tartufferie à invoquer ce principe lorsqu'il s'agit de dénoncer le port de la burqa, si on ne fait rien par ailleurs pour lutter contre des inégalités au coeur de notre système économique. Cela ne règlera pas d'un coup tous les problèmes: il n'y a pas de solution unique. Mais ce serait une impulsion décisive dans l'effort continu que nous devons mener pour l'égalité entre les femmes et les hommes.</p>
<h3>Jean-François Copé</h3>
<p style="text-align: justify;"> </p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Tue, 20 10  2009 09:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>La liberté et Internet, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p>J'ai récemment reçu des messages de menace sur mon <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.jeanfrancoiscope.fr/site/index.php">blog</a>.
Une menace anonyme, bien entendu. Et aux propos assez grotesques. Tout
en me traitant de liberticide et de censeur des droits fondamentaux,
«on» me promet la «guerre», «de réduire mon existence sur Internet à
néant», de nuire «à mes proches et à ma famille». Pourquoi tant de
haine? Parce que j'ai affirmé qu'Hadopi devait être le point de départ
d'une nécessaire régulation du web. Parce que j'ai proposé l'ouverture
d'un débat public approfondi sur l'articulation entre Internet et
liberté.</p>
<p>Au-delà du procédé et du contenu de ce message que chaque internaute
responsable ne peut que condamner, je lis depuis plusieurs jours sur
certains blogs et forums, quelques propos étonnants à mon encontre. Ils
me caricaturent en technophobe, pourfendeur d'Internet et voulant à
tout prix museler ce nouvel espace. En réponse à ces caricatures et
plus largement, parce que c'est pour moi un sujet essentiel, je veux
faire une mise au point sur quelques-unes de mes convictions au sujet
des technologies numériques.</p>
<p>Le développement du numérique n'est pas seulement une innovation
technique. Il induit un bouleversement profond de notre vision du
monde, de nos modes de vie, de nos relations aux autres, de
l'organisation de notre société et de l'économie. Nous sommes en train
de basculer dans un nouveau monde. Et comme pour l'immense majorité des
internautes, cela est d'abord pour moi une source d'enthousiasme! Le
numérique, ce sont des opportunités fantastiques et des découvertes
passionnantes en perspective.</p>
<p>Même si je ne suis pas né avec un clavier dans les mains comme la
génération MSN, ma conviction à ce sujet ne date pas d'aujourd'hui.
Quand j'ai lancé mon club de réflexion, il y a bientôt 3 ans, j'ai
d'ailleurs choisi de l'appeler «Génération France.fr». Pour moi, le
«.fr» n'est pas un gadget. Il dit bien sûr ma volonté d'en faire un
club interactif, où le site Internet joue un rôle central. Mais
surtout, il veut signifier que les grandes réflexions sur l'avenir de
notre pays n'ont de sens qu'en intégrant systématiquement la nouvelle
donne du numérique.</p>
<p>J'ai la certitude qu'Internet et les nouvelles technologies sont une
chance pour tous et pour la politique en particulier. Internet peut en
effet offrir une véritable respiration démocratique, avec une
circulation plus directe de l'information et une interactivité
renforcée. A travers Internet, les responsables politiques peuvent
établir un contact plus direct et moins formel avec des citoyens
parfois éloignés du débat politique. Je le vois sur mon blog ou sur
Facebook. En quelques clics, des personnes que la chose publique
mobilise rarement peuvent réagir à des propositions ou avancer les
leurs.</p>
<p>Avec les députés du groupe UMP, dès que nous identifions un sujet de
débat important, nous mettons en ligne un site Internet pour présenter
les enjeux et donner la parole aux internautes. Je l'ai déjà fait pour
le débat sur l'avenir de la télévision publique, sur la réforme de l'instruction judiciaire, sur la loi relative aux universités, sur <a href="http://www.ladepensepublique.fr">la maîtrise de la dépense publique</a>, sur <a href="http://www.la-burqa-en-debat.fr">le port de la burqa</a> et sur <a href="http://www.investirpourlavenir.fr">les dépenses d'avenir</a>.
A chaque fois, ces sites ont rencontré un grand succès et j'ai été
impressionné par la qualité des contributions des internautes. Pour les
Etats Généraux de la dépense publique, plus de 15 000 contributions ont
été reçues et certaines propositions seront portées par les députés
lors des discussions du prochain projet de loi de finances. C'est dire
si Internet a déjà changé pour le meilleur notre façon de faire de la
politique. Et ce n'est qu'un début...</p>
<p>Mais si les technologies du numérique peuvent contribuer au
meilleur, elles peuvent aussi servir au pire. Qu'on me pardonne cette
banalité, mais il me semble parfois que le simple fait de la rappeler
suscite des levées de bouclier chez quelques internautes qui, tout à
leur fascination devant les prodiges du numérique, en perdent leur
regard critique. Les responsables politiques ne seront pas les moines
copistes qui s'insurgeaient contre la diffusion de l'imprimerie mais
notre devoir est de faire en sorte que les progrès soient mis au
service de l'homme, et particulièrement des plus vulnérables. C'est ce
que nous voulons faire en matière de santé et de recherche avec les
lois bioéthiques. Nous devons avoir la même ambition par rapport au
numérique.</p>
<p>Il faut en finir avec une certaine forme de naïveté qui fait
d'Internet «le pays des bisounours», où tout le monde serait gentil et
aurait des intentions louables. Sur Internet comme ailleurs, l'absence
de règles n'est pas liberté mais anarchie. Et je vous invite à vous
méfier de ceux qui défendent la régulation dans la sphère économique
tout en réclamant l'absence de régulation sur Internet. A mon sens, ce
comportement n'a rien à voir avec la modernité: il consiste au
contraire à penser, comme au début du web, qu'Internet est un monde
virtuel, à part, alors que c'est devenu un maillon central du nouveau
monde !</p>
<p>Tout l'enjeu est à présent de définir des règles pertinentes. Il y a
de vraies questions à aborder, sans a priori. En voici quelques-unes
mais la liste est très loin d'être exhaustive.</p>
<p>· <strong>Le droit à l'oubli</strong> a-t-il encore un avenir quand
les photos de soirées d'un jeune de 17 ans peuvent être stockées et
exploitées contre lui 10 ans plus tard lorsqu'il cherchera du travail?</p>
<p>· <strong>Le droit à l'intimité</strong>, conquête historique
récente, qui a permis aux individus de s'affranchir d'un contrôle
social parfois oppressant, est-il voué à la disparition au nom de la
transparence absolue ou doit-il être réaffirmé au nom de la liberté
individuelle?</p>
<ul>
<li><strong>La propriété intellectuelle</strong> ou le droit à l'image doivent-ils prendre une nouvelle forme dans le monde numérique ?</li>
<li><strong>Comment protéger les producteurs et les consommateurs</strong> contre les contrefaçons dans un monde où il n'y a parfois plus de différence entre l'original et la copie?</li>
<li><strong>Comment lutter efficacement contre les escroqueries</strong> ou les sites pédophiles sans tout verrouiller?</li>
<li> <strong>Comment mettre à l'abri les enfants de contenus </strong>qui ne leur sont pas destinés, alors qu'ils passent plusieurs heures par semaine à surfer et à chatter?</li>
<li> <strong>Qu'est-ce que la responsabilité individuelle </strong>dans un monde où l'anonymat est revendiqué et où le buzz multiplie les phénomènes de masse ?</li>
</ul>
<p>Personne n'a de réponse toute faite à ces interrogations mais c'est
la responsabilité des hommes et des femmes politiques, et notamment du
Parlement, d'y travailler! Pour réussir la révolution numérique, il ne
suffit pas de plaquer sur Internet quelques principes du monde actuel.
C'est un chantier immense et passionnant que nous devons ouvrir, en
France et avec nos partenaires européens. Nous devons le faire en
consultant très largement, en écoutant les citoyens et les acteurs
d'Internet, les chercheurs du numérique et les experts... Si nous
passons à côté de ce défi, ceux qui nous reprochent aujourd'hui de
vouloir agir nous reprocheront demain de n'avoir rien fait.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 28 09  2009 15:36:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Génération France.fr, force de propositions  au coeur du débat public...</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Le questionnement sur l'identité française est au coeur de notre réflexion, depuis notre première grande réunion en novembre 2006. « C'est quoi être français aujourd'hui ? », voilà une question qui ne pose pas seulement pour les Français issus de l'immigration récente mais qui interpelle chaque citoyen, quelle que soit sa région, son origine, sa couleur de peau, sa confession </strong></p>
<p>Notre communauté nationale est si souvent tiraillée par le doute, tantôt à la recherche d'elle-même, tantôt à la recherche de boucs émissaires : <strong>il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir ensemble pour prolonger l'aventure française en tenant compte de la diversité de notre société.</strong> C'est ma conviction profonde et c'est pour cela que j'ai lancé Génération France.fr.<br /><br />Avec l'atelier Communauté de Génération France.fr, nous avions étudié la démarche menée au Canada en 1991, le « forum des citoyens pour l'avenir du Canada », et nous avions proposé de nous en inspirer dans notre pays en lançant sur 12 mois une grande concertation, impliquant tous les Français, au-delà de la sphère des experts ou des responsables politiques. Dans les universités et dans les entreprises, dans les écoles et dans les associations, dans les mairies et dans les préfectures, sur internet et dans des réunions publiques, nous suggérions de multiplier les occasions d'échanges entre Français sur le passé de notre pays, sur les valeurs que nous partageons aujourd'hui et surtout, sur l'avenir que nous voulons dessiner ensemble<br /><br /><strong>L'initiative annoncée par Eric Besson va dans le bon sens et Génération France.fr y apportera sa contribution avec le plus grand intérêt. Cette annonce du Gouvernement répond à un besoin pour notre pays. Elle confirme l'importance des clubs de réflexion dans notre démocratie et montre la valeur ajoutée de Génération France.fr. </strong>Notre club s'impose comme une référence au coeur de la vie politique en donnant le la du débat public sur des sujets de plus en plus nombreux : la place des femmes dans la vie économique, les évolutions nécessaires de l'Education nationale, la réforme de la gouvernance mondiale<br /><br /><strong>Nous avons le devoir de continuer sur notre lancée, pour alimenter sans cesse le débat politique avec des propositions audacieuses, conformes à nos convictions et qui apportent des réponses aux défis de ce début de 21ème siècle. </strong><br /><br />Merci de votre soutien et de vos contributions qui nous permettent d'être ensemble à la hauteur de cette ambition au service du bien commun.</p>
<h2>Jean-François Copé<br /></h2>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 28 10  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Identité nationale, réussir le débat</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir ensemble.</strong></p>
<p>En pleine campagne législative, en mai 1997, j'ai vécu une rencontre qui m'a profondément ébranlé. J'avais 32 ans et j'étais pétri des certitudes que m'avaient transmises mes professeurs: le culte de l'Etat infaillible au service de la Nation éternelle. Nouvellement élu, je pensais que la politique était facile. J'avais alors été abordé par une jeune mère de famille française d'origine algérienne, que j'avais déjà rencontrée à plusieurs reprises.


</p>
<p>A la fin de notre discussion, elle s'était tournée vers son fils,
âgé d'une dizaine d'années, en lui disant: «Regarde, c'est le maire. Si
tu veux lui demander quelque chose, profites-en.» Encore bercé par les
grands principes appris à l'ENA, j'avais voulu donner à ce garçon une
belle leçon de civisme en lui citant la fameuse phrase de Kennedy: «Tu
ne dois pas te demander ce que ton pays peut faire pour toi mais ce que
tu peux faire pour ton pays.» La ficelle était un peu grosse mais
c'était ma manière de contribuer à l'éducation à la citoyenneté que
tout élu local doit à ses jeunes administrés. La réponse du petit
garçon ne se fit pas attendre: «Mais maman, quand est-ce qu'on rentre
dans mon pays?»</p>
<p>Depuis, je me demande encore ce que ce petit Français, né en France,
avait dû entendre dans sa famille pour croire qu'il était en exil et
que son pays n'était pas la France, alors qu'il n'avait jamais vu aucun
autre pays. Cette réflexion m'avait tétanisé. <strong>Je prenais soudain la
mesure de la fragilité de notre communauté nationale. Toute la
construction intellectuelle que je m'étais faite sur le thème de
l'intégration s'écroulait.</strong></p>
<p><strong>Depuis, je suis convaincu que la question de l'identité nationale
doit être un thème structurant du débat dans notre pays. C'est une
question qui ne se pose pas seulement pour les Français issus de
l'immigration récente mais qui interpelle chaque citoyen, quelle que
soit sa région, son origine, sa couleur de peau, sa confession...</strong> <strong>Notre nation se fissure en silence parce qu'il n'y a pas de discours sur l'identité.</strong></p>
<p>Depuis une trentaine d'années, nous avons commis l'erreur de ne pas
expliquer ce que cela signifie «être Français aujourd'hui». On a fait
comme si la population d'aujourd'hui était la même qu'il y a cinquante
ans, en oubliant l'évolution de sa composition, de ses origines, de ses
pratiques religieuses, de ses modes de vie... La population issue de
l'immigration de la seconde moitié du XXe siècle n'a toujours pas reçu
les codes d'accès. Cela a conduit à des tensions grandissantes au sein
d'une population composée de gens qui sont tous Français mais qui,
parce qu'ils n'ont pas eu les repères nécessaires, ne se parlent pas,
ne s'écoutent pas, ne se respectent pas.</p>
<p>Il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir
ensemble pour prolonger l'aventure française en tenant compte de la
diversité de notre société. C'est ma conviction profonde et c'est pour
cela que j'ai lancé Génération France.fr dont la réflexion depuis 2006
porte sur l'identité.</p>
<p><strong>Le Gouvernement a lancé le débat sur l'identité nationale. C'est une opportunité à saisir. Avec les députés UMP d'une part, et GénérationFrance.fr<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="../index.php"> </a>d'autre
part, j'y apporterai ma contribution. Mais ce débat n'aura d'intérêt
que si l'on ne se trompe pas sur la méthode et les enjeux. Il y a à mon
sens trois écueils à éviter et trois idées cruciales à assumer
totalement.</strong></p>
<p><strong>Premier écueil: faire de ce débat un prétexte politicien.</strong>
De ce point de vue, je regrette de voir qu'on est malheureusement mal
parti. Je m'inquiète de voir, de tous côtés, la course à celui qui
s'appropriera le débat au détriment des autres. Or <strong>l'identité nationale
n'appartient à personne. Elle concerne chacun d'entre nous, bien
au-delà des clivages partisans.</strong> Ce débat ne doit pas servir à
diaboliser ou diviser. Il doit être l'occasion de réfléchir tous
ensemble.</p>
<p><strong>Deuxième écueil: réduire cette grande réflexion structurante pour notre pays à un petit gadget ponctuel.</strong>
Mener un débat sur deux mois et demi dans toutes les préfectures et
sous-préfectures et terminer sur un colloque c'est un point de départ,
un « tour de chauffe » !  Mais cela ne suffit pas. Ne croyons pas que
nous aurons clôturé en deux mois une réflexion qui doit être
permanente !</p>
<p><strong>Dernier écueil: impliquer uniquement des experts et des responsables politiques.</strong>
Nous avons bien sûr besoin des avis éclairants d'historiens, de
philosophes, d'intellectuels... mais surtout ce sont les Français qui
doivent s'approprier ce débat, dans leurs cercles d'amis, dans leurs
associations, dans leurs entreprises... Avec les députés UMP, nous
avons décidé d'organiser des consultations dans nos circonscriptions et
de créer un site de débat sur Internet pour aller à l'écoute des
Français au plus près du terrain.</p>
<p>Au-delà de ces écueils de méthode, ayons toujours en tête que
l'identité est une réalité complexe. Elle renvoie autant à des aspects
collectifs qu'à des questionnements très intimes. Elle ne se substitue
pas à toutes les identités mais peut s'articuler avec d'autres éléments
identitaires. Elle ne se décrète pas, elle se construit. Davantage par
la réflexion personnelle, le dialogue, la transmission que par la loi.
Je veux insister sur trois piliers qui constituent l'identité et
devront structurer le débat. Si on en oublie un, on passera à côté du
sujet.</p>
<p><strong>Etre Français, c'est s'approprier l'histoire de ce pays,
riche de sa diversité, quand bien même nous ne sommes évidemment pas
tous descendants des Gaulois. </strong>Tous les Français, quelle que
soit leur origine, doivent pouvoir s'inscrire avec fierté dans cette
histoire, en assumant ses heures de gloire et ses parts d'ombre. Jeune
Français né de parents algériens, petit Français de sang mêlé dont le
grand père est arrivé en France pendant l'entre-deux-guerres, comme
c'est mon cas, ou Corses Français depuis des générations, nous sommes
tous légitimes à nous reconnaître dans cette histoire pour mieux la
prolonger aujourd'hui. Cela n'empêche pas le débat sur le passé. Bien
au contraire, l'histoire est faite de plusieurs voix et c'est par la
recherche permanente d'une meilleure connaissance de notre passé, dans
toute sa complexité, que se construit l'héritage commun. Je suis par
exemple persuadé que nous avons besoin de parler sans tabou de toutes
les blessures cachées liées à la guerre d'Algérie qui marquent
aujourd'hui des millions de Français - rapatriés, harkis, anciens
soldats ou appelés, immigrants, et tous leurs enfants...</p>
<p>Mais une identité ne peut pas se confondre avec des origines. Elle se ne résume jamais au passé ! <strong>Etre Français, c'est partager des valeurs. </strong>Nous
devons refaire le point ensemble sur ce qu'implique notre devise
« Liberté, égalité, fraternité » en ce début de 21ème siècle. Il y a
des principes républicains qui fondent le vivre ensemble et sur
lesquels nous ne pouvons pas transiger. Le port de la burqa dans
l'espace public, par exemple, est incompatible avec nos valeurs et
contraire à la dignité de la personne humaine. Je me suis ainsi
prononcé pour une loi d'interdiction, précédée d'une phase de dialogue
avec les personnes concernées. Mais la République doit aussi être
capable de s'adapter à la société française d'aujourd'hui.</p>
<p>Par exemple, il y a eu un temps où la République a construit son
unité sur la négation des différences et des particularités régionales.
Devons-nous continuer à considérer la culture bretonne comme une menace
pour la Nation? Evidemment non! Tout en rejetant le multiculturalisme,
faut-il refuser à des élèves d'origine maghrébine la possibilité
d'apprendre à l'école républicaine la langue de leurs grands-parents
surtout lorsqu'elle leur ouvre des débouchés professionnels? J'ai la
conviction qu'il faut offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité
d'apprendre l'arabe au sein de l'Education nationale, plutôt que dans
les caves ou dans les garages. Ayons donc ces débats en profondeur. Il
s'agit de se mettre au clair sur les droits et les devoirs des citoyens
de ce pays pour renforcer la communauté nationale. Parmi les devoirs à
l'égard de notre pays, je milite pour la création d'un service civique
obligatoire pour tous les jeunes Français. Chacun pourrait contribuer
pendant quelques mois à un service d'intérêt général et manifester
ainsi son appartenance à la Nation de façon constructive. Là encore, je
considère que cette question mérite d'être abordée dans le cadre du
débat sur l'identité nationale.</p>
<p><strong>Etre Français, c'est surtout vouloir construire un avenir ensemble</strong>.
Comment faire de la France une terre de réussite individuelle et
collective, pour tous les Français? Comment assurer l'égalité des
chances de chacun? Qu'ils viennent du centre de Paris, des quartiers
populaires de Meaux ou d'un hameau de Lozère, je suis triste quand je
vois certains jeunes Français considérer qu'ils n'ont pas d'avenir ici,
parce qu'ils sont persuadés qu'on leur fera davantage confiance
ailleurs.</p>
<p>Je crois qu'en respectant ces quelques points de méthode, nous
pouvons sereinement nous engager dans ce débat. Il doit poser les bases
d'une réflexion qui ne peut évidemment pas s'arrêter à la fin du mois
de février. Vous l'avez compris, mon désir, ce qui motive mon
engagement politique, c'est qu'en recroisant dans quelques années le
jeune Meldois que j'évoquais plus haut, il puisse me dire sa fierté
d'être Français, son bonheur d'avoir construit sa vie dans ce pays, son
envie de transmettre les valeurs nationales à ses enfants. Et
naturellement sa volonté de rendre un peu de ce qu'il a reçu de son
pays, la France...</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Sat, 07 11  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Impressions sur un débat étrange avec Martine Aubry</title>
<description><![CDATA[<p><strong>J'étais invité jeudi 27 novembre sur le plateau de «<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://programmes.france2.fr/a-vous-de-juger/59110293-fr.php">A vous de juger</a>», sur France 2, pour débattre avec Martine Aubry d'un sujet qui me tient à coeur: l'identité nationale.</strong></p>
<p>Dans le cadre de notre échange, j'ai voulu montrer le rôle majeur de
cette question dans le débat politique et je me suis même livré en
confiant que cette réflexion était à l'origine de mon engagement
politique. Mais en face de moi, je me suis rendu compte que la patronne
du PS, premier parti de l'opposition, n'avait manifestement pas pris la
mesure de l'importance de ces sujets. Je ne m'étonne pas de nos
désaccords - cela est bien normal et le ton de notre entretien était
d'ailleurs apaisé - mais plutôt de ses esquives permanentes, de ses
reculs et de ses imprécisions qui rendaient difficiles l'échange de
vues. Dans son discours, j'ai relevé notamment<strong> trois ambiguïtés inquiétantes.</strong></p>
<p>Premièrement : sur l'identité nationale, Martine Aubry vit dans le <strong>déni et dans le paradoxe</strong>.
Elle a asséné que «c'est un faux débat qui fait honte à la France».
Pour elle, tout se réduit à la question sociale. Je n'élude pas ce
point mais je m'étonne qu'elle soit complètement aveugle aux autres
fissures qui fragilisent notre communauté nationale, entre la France
rurale et la France urbaine, entre les jeunes et les moins jeunes,
entre ceux qui sont attachés à l'égalité des hommes et des femmes et
ceux qui ne s'en préoccupent pas, entre les Français de diverses
origines ou confessions... Lorsque j'ai évoqué mon expérience de maire
et les difficultés de nos concitoyens qui ne se parlent plus, qui ne
respectent plus, parce qu'ils ne connaissent plus et qu'ils ont peur
les uns des autres, elle a répliqué en expliquant qu'à Lille, il n'y
avait aucun problème. Là-bas, c'est bien connu, tout le monde s'aime et
se respecte. Il n'y a aucune tension entre les habitants... Ce déni
d'un des échecs majeurs des politiques publiques depuis 30 ans - celui
de l'intégration - est d'autant plus paradoxal que c'est Martine Aubry
qui, à chaque fois, a voulu replacer le débat sur le terrain de
l'immigration quand j'essayais de montrer qu'il concerne tous les
Français.</p>
<p>Deuxièmement, Martine Aubry a fait preuve de <strong>légèreté sur le danger du communautarisme</strong>
et a multiplié des amalgames étonnants entre l'immigration et l'islam.
Quand nous avons parlé du port de la burqa, Martine Aubry a jugé qu'une
loi d'interdiction serait dangereuse car elle pousserait certaines
musulmanes à la porter par provocation... C'est une remarque que j'ai
déjà intégrée dans ma réflexion et c'est pour cela que je suis attaché
à une phase de dialogue et d'explication avant l'interdiction. Mais que
propose-t-elle alors ? Que la République se taise plutôt que d'affirmer
ses valeurs ? Pour ma part, je suis très clair sur ce point : une
minorité d'extrémistes teste la République, il est de notre devoir de
répondre par la fermeté en interdisant le port de la burqa.</p>
<p>A vrai dire, cette légèreté sur la burqa m'étonne peu, Martine Aubry
avait déjà eu une position plus qu'ambiguë vis-à-vis de demandes
communautaristes à Lille. J'avais été choqué d'apprendre, que, pendant
au moins 6 ans, la maire de Lille avait accepté que des horaires d'une
piscine municipale de Lille soient réservés à des femmes musulmanes qui
ne voulaient pas côtoyer des hommes. Ces femmes avaient exigé et obtenu
que le personnel de la piscine soit exclusivement féminin. Un reportage
d'Arte dans le magazine « Théma » du 9 décembre 2008 intitulé « quand
la République se voile la face », montrait même qu'une piscine avait
été fermée pendant la durée du Ramadan. Dans le Parisien du 17
septembre 2009, Martine Aubry avait d'ailleurs à ce sujet reconnu:
«J'ai fait un détour par rapport à mes principes, ceux de la
République, pour permettre à ces femmes de faire du sport, de sortir de
chez elles et tout simplement d'exister». Pourtant, hier, elle était
encore dans le déni en expliquant que ces créneaux horaires avaient été
ouverts à toutes les femmes, notamment aux femmes obèses qui
souffraient du regard des hommes, et pas uniquement à la demande de
musulmanes. Toutes les enquêtes de journalistes sur place montraient le
contraire... Et si sa décision est anodine, pourquoi a-t-elle fait
marche arrière en mettant fin à ce dispositif? La ficelle est un peu
grosse. Ce flirt avec le communautarisme est pour moi inacceptable :
j'avais été confronté à Meaux à la même demande de la part de femmes
musulmanes et j'avais alors refusé de leur accorder des créneaux
spécifiques. Cela prouve en tout cas qu'un débat n'est pas inutile sur
ces questions auxquelles sont confrontées tous les élus locaux.</p>
<p>Martine Aubry a surtout fait des amalgames étonnants hier. Quand
elle a été interrogée sur le port du voile, elle a systématiquement
parlé d'immigration. Comme si l'on devait réduire l'immigration à
l'islam et l'islam au voile. A ma connaissance pourtant, on peut être
Français d'origine maghrébine sans être musulman, on peut être
d'origine arabe et être juif ou chrétien, on peut être breton depuis
des générations et se convertir à l'Islam, on peut bien sûr être
musulmane sans porter le voile. Il faut en finir avec les clichés qui
entravent la construction saine de notre vivre ensemble : notre
immigration n'est pas exclusivement maghrébine, tous les maghrébins ne
sont pas musulmans et tous les musulmans ne sont pas maghrébins.</p>
<p>Au passage, je vous laisse méditer cette perle. Quand je l'ai
interrogée sur la politique espagnole à l'égard des clandestins, elle a
répondu «heureusement nous ne sommes pas dans la situation de
l'Espagne, aux portes du Maghreb...» Je n'ose pas imaginer le scandale
que cette phrase aurait provoqué dans la bouche d'un homme de droite.</p>
<p>Troisièmement, pour Martine Aubry <strong>l'identité se résume à la République du guichet,</strong>
celle des droits, mais pas des devoirs. Quand je parlais d'égalité, de
fraternité, de liberté, de laïcité, de sécurité, Martine Aubry
répondait droits sociaux, services publics, statut de la Poste... Pour
résumer sa pensée, elle a eu cette formule lapidaire «L'identité de la
France, c'est d'abord la CMU». A croire que Martine Aubry, à l'origine
de cette mesure, pense que c'est elle qui a donné naissance à la
France. Avant elle, nous étions sans valeur... Bien sûr, les citoyens
ont des droits par rapport à l'Etat qui a le devoir de les protéger,
mais on ne peut construire une communauté nationale sur la simple
revendication de droits. Etre français, c'est aussi se demander comment
l'on peut rendre à son pays tout ce qu'il nous a donné.</p>
<p>Une fois de plus, le PS est dans un déni de la réalité sur les
fissures qui menacent notre communauté nationale. C'est ce déni qui
paralyse la réflexion de Martine Aubry. C'est ce déni qui avait coûté à
Lionel Jospin son échec en 2002. Martine Aubry faisait alors partie de
son équipe, elle n'en a manifestement pas tiré les leçons. Elle ne
semble toujours voir la France qu'à travers les miroirs déformants de
la rue de Solferino.</p>
<p><em>Jean-François Copé</em></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Mon, 30 11  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Rien n'est pire que le statu quo au Proche-Orient</title>
<description><![CDATA[<p><strong>La paix et la sécurité d'Israël dépendent de la création d'un Etat palestinien viable et démocratique.</strong></p>
<p>Le processus de paix au Proche Orient semblait à l'arrêt. Avec les derniers évènements, on assiste même à un recul. En Cisjordanie, lassé de ses échecs successifs, Mahmoud Abbas menace de jeter l'éponge sans qu'on sache encore qui pourra prendre la relève derrière lui. En Israël, le gouvernement de Benjamin Netannyahou vient de donner son aval à la construction de colonies à Jérusalem-Est. <strong>Face à une paix qui paraît plus que jamais improbable, certains ont la tentation de se résigner. Ce serait une grave erreur, le statu quo ne favorise ni la sécurité des Israéliens, ni l'avenir des Palestiniens.</strong></p>
<p>J'ai conscience que relancer le processus de paix est une tâche difficile: tant d'espoirs ont été suscités pour être aussi vite déçus. Quand Tsahal a quitté le Liban,  le Hezbollah est arrivé, quand Tsahal a quitté Gaza, le Hamas a pris le pouvoir...  De leur côté, les Palestiniens se sentent trahis par la poursuite des colonisations ou la construction du mur.<br /><br /><strong>Dans ce défi de la paix, la France a un rôle majeur à jouer: </strong>elle est à la fois l'amie d'Israël et du monde arabe. Quel autre pays que le nôtre, peut en effet se targuer de recevoir, à quelques jours d'écart, le premier ministre israélien, Benjamin Netannyahou, le président syrien, Bachar el-Assad et le président irakien, Jalal Talabani? <strong>C'est cette situation privilégiée qui donne à la France le devoir d'inciter sans cesse Israéliens et Palestiniens à s'entendre enfin.</strong><br /><br /><strong>La paix et la sécurité d'Israël dépendent de la création d'un Etat palestinien viable et démocratique. Cela passe par plusieurs engagements de part et d'autre.</strong><br /><br /><strong>Côté arabe: l'arrêt de la violence. </strong>Tant qu'il n'y aura pas une condamnation claire du terrorisme et une lutte effective à son encontre, Israël vivra dans la peur et ne pourra pas accorder de crédibilité à ses interlocuteurs palestiniens. Dans cette perspective, il faut mettre un terme aux trafics d'armes maritime, via la Syrie et le Liban pour alimenter le Hezbollah, ou terrestre, via les tunnels entre l'Egypte et le sud de la bande de Gaza pour renforcer l'arsenal du Hamas. Il faut surtout que les Palestiniens et les pays arabes s'engagent définitivement à reconnaître l'Etat d'Israël.<br /><br /><strong>Côté Israélien: il faut régler la question des colonies. </strong>En juin 2008, dans son discours devant la Knesset, Nicolas Sarkozy a bien posé les enjeux: «il ne peut pas y avoir de paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation..., sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats et la garantie d'accès aux lieux saints pour toutes les religions». Je suis conscient de toutes les difficultés qu'une telle démarche représente pour Israël, mais je sais aussi que les Israéliens veulent profondément la paix.<br /><br /><strong>Enfin, Israël ne doit pas affaiblir les partenaires modérés qui existent chez les Palestiniens. </strong>Lors de mon voyage en Israël en 2007 avec des parlementaires UMP, j'avais longuement rencontré le premier ministre Salam Fayyad, c'est un homme de bon sens. Avec des  hommes pragmatiques comme lui, Israël peut renouer une relation de confiance.<br /><br /><strong>La diplomatie ne suffit pas, des ponts doivent être reconstruits entre les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. </strong>Je pense notamment aux actions symboliques menées par le chef d'orchestre et pianiste Daniel Barenboim. Depuis 1999, son orchestre fait jouer côte à côte des musiciens Israéliens et Palestiniens. Et c'est un immense succès! C'est la preuve qu'Israéliens et Palestiniens peuvent unir leurs forces pour le meilleur! De même, le 11 novembre dernier, est sorti le documentaire magnifique «D'une seule voix». Il a filmé la tournée triomphale d'un groupe de chanteurs -Israéliens juifs ou arabes, Palestiniens musulmans ou chrétiens de rite grec ou latin- qui a choisi de chanter ensemble les plus beaux répertoires de leurs communautés. Là encore, c'est un signe de paix encourageant!<br /><br /><strong>Il n'y aura pas non plus de paix sans développement économique palestinien. A la fois pour donner un avenir aux Palestiniens et pour renforcer l'interdépendance économique entre Israël et la Palestine: </strong>la guerre est toujours moins envisageable avec un vrai partenaire commercial. Les hommes d'affaires palestiniens et israéliens, que j'ai eus l'occasion de rencontrer, ne demandaient qu'à pouvoir librement travailler ensemble. Le rapport du FMI de septembre dernier montre que l'économie palestinienne a connu en 2009 une croissance de 7%, notamment grâce à la politique de soutien du gouvernement Netanyahou. Il faut poursuivre dans cette voie.<br /><br /><strong>Je me réjouis que la France contribue à cette dynamique en développant le parc industriel franco palestinien de Bethléem ou en soutenant la «Paris joint Economic initiative» qui organisera des échanges entre milieux d'affaires français, israéliens et palestiniens pour étudier les opportunités d'investissements communs. </strong>Comme en Europe, c'est en grande partie par l'économie que la paix se construira!<br /><br />A tous les sceptiques et à tous les fatalistes qui ne croient plus en la paix, je veux donner une note d'espoir: la semaine dernière nous avons commémoré le 11 novembre. Nous avons vu Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouver ensemble face à la flamme du soldat inconnu. Qui aurait cru cela possible en 1945, alors que la France et l'Allemagne sortaient de 70 ans de guerres meurtrières, de haines viscérales, de rancoeurs tenaces? Qui aurait cru que ces deux pays arriveraient à construire une entente telle que la guerre entre eux est aujourd'hui impensable ? Voilà un gage d'espoir ! Le conflit et la haine ne sont jamais une fatalité. Au Proche-Orient comme en Europe.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Mon, 23 11  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Quand les parlements français et allemand remettent les citoyens au coeur de l'Europe</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Faut-il
choisir entre la construction européenne et l'approfondissement de la relation
franco-allemande ?</strong> C'est un questionnement qui paralyse parfois les bonnes
initiatives des deux côtés du Rhin. Pour ne pas donner l'impression à nos
partenaires européens que l'on privilégie des relations bilatérales entre la
France et l'Allemagne, on craint parfois de proposer des avancées politiques
ambitieuses. On met alors l'accent sur la célébration de l'amitié entre
nos deux pays, en insistant beaucoup sur la commémoration d'événements
marquants, qu'il s'agisse du 9 ou du 11 novembre.<br /><br /><strong>Le
rapprochement entre la France et l'Allemagne depuis la fin de la seconde guerre
mondiale est certes l'un des événements les plus marquants de l'histoire
européenne. </strong>C'est un signe d'espoir pour tous les pays qui sont aujourd'hui en
guerre. Les relations profondes entre nos deux pays, dans le domaine politique,
économique, universitaire..., rendent la France et l'Allemagne interdépendantes.
Elles montrent qu'une amitié peut naître, même après les pires conflits.
</p>
<p><strong>Mercredi 3 et jeudi 4 décembre derniers, j'étais à Berlin pour rencontrer des
responsables politiques allemands de premier plan. Quelle émotion lorsqu'entre
deux rendez-vous, j'ai visité des lieux de mémoire de la capitale allemande,
dont le mémorial de la Shoah : les cicatrices du passé sont là, mais elles
n'empêchent pas de regarder l'avenir.</strong><br /><br /><strong>J'ai
la conviction que l'amitié franco-allemande ne doit pas se réduire à la
célébration du passé et préparer encore davantage l'avenir. </strong>Il est temps de
donner de nouveaux horizons aux liens étroits qui existent entre nos deux
pays.  Il n'y a pas à choisir entre
l'Europe et l'Allemagne. Dans l'histoire de la construction européenne, les
initiatives franco-allemandes ont servi toute l'Europe. Elles ont souvent
ouvert de nouvelles voies pour tous les autres pays de l'Union.<br /><br /><strong>Cette
nouvelle dynamique franco-allemande passe notamment par l'entrée en jeu de
nouveaux acteurs.</strong> En parallèle du développement des relations économiques ou
intergouvernementales, l'Assemblée nationale et le Bundestag ont aussi un rôle
à jouer. Je pense que les relations interparlementaires peuvent contribuer à ce
nouvel élan pour le couple franco-allemand.<br /><br />C'est dans cet esprit que je me suis rendu à
Berlin. J'ai pu nouer des échanges intenses et constructifs, notamment avec mon
homologue du Bundestag, Volker Kauder, Président du groupe parlementaire
CDU/CSU, avec Werner Hoyer, Ministre FDP délégué aux Affaires étrangères, avec
Wolfgang Schäuble de la CDU, Ministre fédéral des Finances. Dans un climat
chaleureux, empreint d'une amitié réciproque, nous avons échangé sur les grands
défis communs pour nos deux pays, que nous pourrions relever ensemble.<br /><br /><strong>J'ai proposé à
Volker Kauder que les parlementaires de nos deux pays prennent pour la première
fois l'initiative d'une loi franco-allemande.</strong> Cette idée l'a enthousiasmé et
nous allons donc créer un groupe de travail conjoint de députés français et
allemands de l'UMP, de la CDU/CSU et du FDP. Je vais également inviter le
Nouveau Centre à se joindre à nous. Ce groupe sera chargé de rédiger, sous
douze à dix-huit mois, une proposition de loi qui sera votée dans les mêmes
termes à l'Assemblée nationale et au Bundestag et applicable simultanément dans
nos deux pays. </p>
<p><strong>Cette loi devra éviter deux écueils. Premièrement, ne pas se
réduire au symbole, mais apporter des réponses concrètes à des problèmes qui touchent
nos deux pays.</strong> Pourquoi pas un texte sur le développement durable ou sur
l'accompagnement de nos PME pour accélérer la sortie de crise ?
<strong>Deuxièmement, cette loi devra être facilement applicable pour éviter que les
technostructures administratives ne brouillent son message avec des décrets
d'applications abscons.</strong>  Pour éviter ces
deux écueils, nous allons organiser des échanges de terrain avec les citoyens
dans nos circonscriptions respectives. Nous allons également  travailler avec les « think tanks »
allemands et français, notamment la Fondation Konrad Adenauer et Génération
France.fr.<br /><br />A
son tour, Volker Kauder a proposé que nos groupes parlementaires prennent des
positions communes au sujet des directives européennes qui poseraient des
difficultés. Cela correspond tout à fait à la logique du Traité de Lisbonne qui
renforce les prérogatives des parlements nationaux. J'ai d'ailleurs créé, à
l'été 2008, le Club des 27 qui réunit dans cette perspective les Présidents des
groupes parlementaires membres du PPE des 27 pays de l'Union et dont la
prochaine réunion, début 2010, sera consacrée aux problèmes agricoles et aux
questions alimentaires.<br /><br /><strong>C'est cette coproduction entre les instances
européennes, les gouvernements et les parlements nationaux qui doit à présent
se développer : parce que les parlementaires nationaux ne veulent plus
transposer des directives sans avoir débattu avec les citoyens et sans avoir
donné leur avis en amont des décisions, ils demandent aujourd'hui d'être
impliqués le plus tôt possible, sur tout projet important de législation
européenne.<br /></strong><br />Cette
initiative franco-allemande n'est pas exclusive. Elle doit être le point de
départ d'une grande dynamique européenne avec les Parlements de tous les Etats
membres. Bien sûr, ces démarches ne changeront pas d'un coup radicalement la
donne, mais elles peuvent permettre de rapprocher les citoyens de l'Union
européenne. Après tant et tant de constats désabusés sur le « déficit
démocratique » de l'Europe, il est temps de passer à l'initiative. 

</p>
<p> </p>
<p> </p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 07 12  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Quand la dette devient une question de société</title>
<description><![CDATA[<p align="justify"><strong>La dette de la France ne peut être considérée comme une question purement technique: elle aura des conséquences au quotidien sur les Français</strong>

</p>
<p align="justify">En 2006 sortait Le jour où la France a fait faillite, un livre d'économie et de politique- fiction un peu angoissant, rédigé par Philippe Jaffré et Laurent Mauduit. Tout commençait par la dégradation de la note de la dette publique de la France par les agences de notation. Les auteurs, bons connaisseurs des arcanes politiques et économiques, décrivait la cascade de conséquences catastrophiques d'une telle décision, d'un guichet de banque aux plus hautes sphères de l'Etat. Quand on voit la situation de la Grèce aujourd'hui, on ne peut qu'être inquiet...
</p>
<p align="justify">Alors que son endettement public est déjà supérieur
à la valeur de son PIB national, la Grèce vient d'apprendre que les
agences de notation dégradent la note de sa dette à long terme. Le
scénario catastrophe de Philippe Jaffré et Laurent Mauduit peut-il
s'enclencher? La dégradation de note de la dette entraîne un
renchérissement des taux d'intérêt demandés par les marchés, ne faisant
qu'étouffer un peu plus le pays dont les caisses sont déjà vides...
L'équation grecque est un casse-tête particulier: l'économie
souterraine, qui représente 40% du PIB, prive de recettes les finances
publiques tandis que le système de retraite très avantageux pèse
lourdement sur le budget.</p>
<h3>La France peut-elle faire faillite?<br /></h3>
<p align="justify">La Grèce n'est pas un cas isolé en Europe. Mercredi
dernier, l'agence de notation Standards [&] Poor's laissait entendre
que la note de la dette espagnole pourrait être rabaissée, après
l'avoir déjà été début janvier. L'année 2009 a aussi vu les
dégradations des notes de l'Irlande, de la Lettonie, de l'Estonie, de
la Hongrie, et du Portugal.</p>
<p align="justify">Et au Proche-Orient,  c'est <a href="http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2009/11/26/dubai-menace-de-faillite_1272246_3234.html" onclick="window.open(this.href); return false;">la flamboyante Dubaï qui doit restructurer d'urgence une  dette de 46 milliards de dollars.</a></p>
<p align="justify">Certains affirment que les dangers de l'endettement
excessif ne menacent que des pays du sud de l'Europe, des Etats baltes
ou des émirats lointains. La vérité, c'est que la France n'est pas non
plus à l'abri d'une dérive de ses comptes publics.</p>
<p align="justify">Il ne s'agit pas d'être prophète de malheur: une
baisse de la note de la France n'est pas d'actualité. Les fondamentaux
économiques de notre pays sont infiniment plus solides que ceux de la
Grèce. Notre pays appartient d'ailleurs au club très envié des triple
A, les pays dont la dette est la mieux notée. L'agence Moody's a même
confirmé cette semaine qu'elle plaçait la France au sommet de son
classement à côté de l'Allemagne, et au dessus des Etats-Unis et du
Royaume-Uni. Mais ne nous leurrons pas : les marchés ne pourront pas
éternellement faire confiance à la France si elle continue de glisser
aussi vite sur la pente de l'endettement massif.</p>
<h3>De pire en pire<br /></h3>
<p align="justify">Quelques chiffres permettent de prendre conscience
de l'ampleur du problème: nous allons atteindre les 165 milliards de
déficit en 2009 (140 milliards pour l'Etat, 25 milliards pour la
sécurité sociale) soit plus de 8% du PIB, pour une dette publique qui
approchera probablement 1 654 milliards, soit 84% du PIB en 2010. Cela
risque d'empirer: le gouvernement prévoit que la dette publique
atteindra 88% du PIB en 2011, 90% en 2012 et 91% en 2013. Pour l'année
prochaine, la charge de la dette est estimée à 42,5 milliards d'euros,
c'est le deuxième poste de dépense de l'Etat, derrière l'éducation
nationale. Très concrètement, cela veut dire que plus des deux tiers du
produit de l'impôt sur le revenu sont uniquement consacrés à payer les
intérêts de la dette. Et encore, nous bénéficions actuellement de taux
d'intérêt extrêmement bas. La moindre remontée alourdirait
considérablement la facture. Avec de tels niveaux, la dette n'est plus
qu'une question technique ou économique, elle devient une question de
société qui préoccupe de plus en plus les Français.</p>
<p align="justify">Avec la crise, tous les pays connaissent une
explosion des déficits. Cela est normal: à situation exceptionnelle,
réponses exceptionnelles. Mais comment revenir à l'équilibre une fois
la crise passée? J'écarte l'hypothèse d'une hausse massive des impôts
qui freinerait la reprise, tout comme celle de l'hyperinflation qui
arrangerait les finances publiques mais ruinerait les Français à
revenus fixes.</p>
<p align="justify">L'hypothèse la plus raisonnable est de réduire la
voilure en coupant dans les dépenses. En Allemagne par exemple, dès la
sortie de la crise, une politique de réduction des dépenses et des
déficits est prévue pour revenir au plus tôt à l'équilibre budgétaire.
En juin dernier le Parlement allemand a même inscrit dans sa loi
fondamentale une règle d'or : le budget fédéral et celui des Etats
régionaux doivent être à l'équilibre quand la croissance est au
rendez-vous. Ils ne peuvent être en déficit que quand l'économie est en
récession. Voilà qui devrait nous inspirer.</p>
<h3>Des réformes de structure<br /></h3>
<p align="justify">Mais en France, on est rétif à toute baisse de la
dépense publique. Pourtant, on ne pourra plus éluder ce problème,
particulièrement sur la période 2012-2017. Ce serait irresponsable.
Pour s'en tirer, il ne suffira pas d'attendre qu'un retour de la
croissance vienne remplir les caisses de l'Etat, il va falloir couper
dans les dépenses inutiles et s'attaquer aux niches fiscales indues.
Par exemple, il faut une remise à plat des 65 milliards d'euros que
représentent les 6 000 aides aux entreprises. C'est un tel maquis que
ceux qui en profitent le plus sont des chasseurs de prime ou des
grandes entreprises, davantage que les PME qui en ont le plus besoin.</p>
<p align="justify">Il faudra aussi passer par des réformes de
structure. La réforme des collectivités territoriales est à cet égard
une excellente opportunité. Il faut aller plus loin qu'une réforme au
rabais qui se contenterait de réduire le nombre d'élus en les prenant
pour boucs émissaires. Je milite pour une fusion progressive des
administrations des départements et des régions. Les régions et les
départements dépensent près de 20 milliards d'euros chaque année dans
des champs de compétence partagée, sans que l'on sache précisément qui
fait quoi. Les doublons sont multiples dans le développement
économique, le tourisme, la gestion des collèges et des lycées... Il y
a là des gisements d'économies considérables pour les contribuables.
Tout en gagnant en qualité de service public.</p>
<p align="justify">Notre système de protection sociale doit aussi se
réformer pour se pérenniser. En matière de retraites, le rendez-vous
est fixé en 2010. Je souhaite que nous osions porter une réforme
d'ampleur, en s'inspirant notamment des expériences suédoises et
allemandes qui ont adopté un système par points, plutôt que par
annuités pour gagner en justice, en lisibilité et en souplesse. En
matière de santé, il est impératif de mieux distinguer ce qui relève de
la solidarité nationale, qui doit être pris en charge par l'assurance
maladie, et ce qui relève de la responsabilité individuelle, qui doit
être transféré vers les mutuelles. Bien entendu, cela n'est
envisageable qu'à condition de favoriser l'accès pour tous à une
complémentaire santé.</p>
<p align="justify">En France, dès qu'on parle de réduire les dépenses,
tout le monde est d'accord sur le principe, mais chacun s'y oppose dès
qu'on rentre dans les détails...C'est ce que j'ai constaté quand j'ai
proposé de supprimer la niche fiscale sur les indemnités journalières
d'accident du travail. Tous les revenus de remplacement étaient
fiscalisés sauf celui-là. C'était donc un rendez-vous d'équité.
D'autant plus que cela ne concerne pas les plus modestes, qui ne paient
pas d'impôts sur le revenu. Malgré quelques protestations et beaucoup
de désinformation, nous avons tenu bon et la mesure a été votée à
l'Assemblée nationale et au Sénat. Avec un peu de pédagogie, de
dialogue et de courage politique, j'ai la conviction qu'on peut
renforcer les efforts pour vite amorcer le désendettement de la France.
Ce sera l'un des défis incontournables du prochain quinquennat. Il faut
se préparer dès maintenant à le relever.</p>
<h3>Jean-François Copé</h3>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Mon, 14 12  2009 16:53:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>4 priorités contre la souffrance au travail</title>
<description><![CDATA[<p><strong>J'avais annoncé le lancement des travaux de la Commission de réflexion sur la souffrance au travail en octobre dernier. Comme promis, je vous tiens informés des principales avancées en vous livrant aujourd'hui nos premières conclusions.</strong><br /><br />Notre interrogation de base est partie de ce paradoxe bien français : comment se fait-il qu'en France, où on travaille moins qu'ailleurs (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Pays scandinaves, Allemagne, Canada...) et où les conditions de travail se sont globalement améliorées, les indicateurs de santé au travail se dégradent alors qu'ils s'améliorent depuis 15 ans environ dans ces autres pays?<br /><br /><strong>Premier enseignement, sur la méthode: après la coproduction législative, la coproduction sociale est en marche! Les hommes politiques ne peuvent pas se saisir de questions aussi graves que la souffrance au travail sans consulter le plus largement possible la société civile. </strong></p>
<p>C'est pourquoi nous avons rassemblé, autour de députés UMP et du Nouveau Centre, des DRH, des professionnels de la santé, des chefs d'entreprises, des partenaires sociaux... Nous sommes aussi allés sur le terrain, rencontrer en particulier des employés d'un site commercial de France Télécom à Paris, et des députés ont organisé des réunions en circonscription sur le sujet. Enfin, nous avons recueilli d'abondants témoignages de citoyens via le site <a href="http://www.lasouffranceautravail.fr">lasouffranceautravail.fr</a>. J'ai la conviction que cette méthode de coproduction sociale est le meilleur moyen de ramener les citoyens au coeur de la décision politique.<br /><br /><strong>Dans cette perspective, l'objectif de la Commission n'était pas de préparer une grande loi sur la souffrance au travail, d'autant que notre législation est déjà dense et en réalité pour l'essentiel complète, mais de contribuer à faire prendre conscience aux managers et aux dirigeants que certaines propositions très concrètes peuvent améliorer sensiblement le rapport au travail dans notre pays.</strong><br /><br /><strong>Second enseignement, sur le fond: dans un certain nombre de situations, c'est le travail lui-même qui est malade. </strong>aujourd'hui, du fait des profondes mutations intervenues dans son organisation, dans son rapport aux nouvelles technologies, dans son management, dans la gestion des questions de santé.<br /><br />Les nouvelles organisations du travail ont ainsi remis en cause les anciens repères sans les remplacer. Il ne s'agit évidemment pas de regretter un quelconque âge d'or. En réalité, les conditions de travail se sont sur de nombreux plans considérablement améliorées. Mais, d'une dimension collective forte, nous sommes passés à une individualisation du travail. Celle-ci a fragilisé non seulement les rapports hiérarchiques traditionnels, mais aussi les relations sociales, le sentiment d'appartenance à une structure collective et celui de reconnaissance dans son travail. Le travail s'est aussi intensifié, et les 35 heures n'ont rien arrangé : il faut faire toujours plus en toujours moins de temps. Enfin, il s'est complexifié, demandant une implication, notamment intellectuelle, beaucoup plus importante de la personne.<br /><br /><strong>L'essor des nouvelles technologies a eu, quant à lui, des effets contrastés. Maîtrisées, elles permettent de gagner du temps, de faire circuler l'information plus facilement, de stocker aisément un grand nombre de documents. Mais de nombreuses personnes, trop peu formées, se sentent dépassées par l'usage des NTIC et leur renouvellement permanent. </strong>Les nouvelles technologies ont aussi fortement contribué à brouiller les frontières entre vie privée et vie professionnelle : on peut échanger avec ses amis au bureau, notamment par l'intermédiaire des réseaux sociaux, mais il n'est plus rare de répondre à un courrier électronique ou à un appel professionnel sur son portable le week-end!<br /><br /><strong>Le management se retrouve, face à ces évolutions, bien souvent inadapté. </strong>La recherche de la «surperformance», qui s'accompagne généralement d'un management par le stress, est une course sans fin: la personne ne doit plus seulement faire «bien»; elle doit toujours faire «mieux». Qui plus est, en France, et alors même que la productivité horaire est en moyenne supérieure à celle observée dans d'autres pays européens, cet état d'esprit s'accompagne bien souvent, notamment chez les cadres, d'une tendance au « présentéisme » qui consiste à devoir justifier en permanence son implication en arrivant plus tôt, en restant plus tard, et en soulignant combien on est débordé.<br /><br /><strong>Enfin, les services de santé au travail semblent eux-mêmes souvent inadaptés: leur organisation complexe et cloisonnée favorise une approche axée davantage sur la réparation que sur la prévention.<br /></strong><br /><strong>Pour changer la donne, la Commission a identifié quatre priorités d'action : rétablir le dialogue dans le monde du travail ; renforcer la formation de tous les acteurs ; promouvoir au quotidien les bonnes pratiques et les comportements vertueux ; revoir l'organisation des services de santé au travail. Ces priorités nous ont amenés à formuler 30 propositions concrètes que vous pouvez trouver intégralement sur <a href="http://www.lasouffranceautravail.fr">lasouffranceautravail.fr</a>. Je veux évoquer en particulier 4 d'entre elles.<br /></strong><br /><strong>1) Le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) doit acquérir un rôle stratégique. </strong>Cela passe par l'élection directe de ses membres par les salariés pour lui assurer une nouvelle légitimité, par la présence effective des dirigeants de l'entreprise à ses réunions, et enfin par une capacité d'action renforcée via une meilleure formation de ses membres et des vrais budgets.<br /><br /><strong>2) Nous pourrions créer une labellisation «santé et qualité de vie au travail» pour les formations, initiales ou continues, des managers.</strong> Ce label inciterait les écoles à intégrer dans leurs formations la promotion d'un management plus vertueux, plus participatif, et plus respectueux de la personne.<br /><br /><strong>3) Nous devons diffuser largement des «boîtes à outils» auprès des acteurs du monde du travail. </strong>Il faut construire des outils simples, concrets, opérationnels, qui proposent une réponse ou un interlocuteur pour tout type de situation de prévention et d'action contre la souffrance au travail. Ils s'adresseraient en priorité aux managers des PME qui sont, faute de moyens humains et financiers, les «orphelines de la prévention». Dans le même temps, les démarches visant à l'établissement de «chartes des bonnes pratiques» dans les entreprises doivent être encouragées.<br /><br /><strong>4) Enfin, nous proposons de créer des services régionaux de santé au travail.</strong> Il s'agit de mettre de la cohérence dans ce qui existe et de mutualiser les ressources. Ces services seraient pilotés par les agences régionales de santé (ARS), d'où une double tutelle du Ministère du Travail, mais aussi du Ministère de la Santé, qui est aujourd'hui trop absent de ces problématiques. Ces services permettraient, grâce à des diagnostics plus fins, de mieux cibler les actions et de travailler avec les acteurs locaux pour améliorer la prévention de proximité dans les entreprises. Chaque service regrouperait des équipes pluridisciplinaires composées de médecins du travail, spécialistes, inspecteurs, psychologues, infirmières, ergonomes, juristes, assistantes sociales... Cette organisation permettrait par ailleurs de garantir l'indépendance du médecin du travail : les entreprises pourraient cotiser à un seul fond commun, géré par l'ARS, qui affecterait dans chaque région les moyens à mettre en oeuvre par les services de santé au travail.<br /><br />Nous avons conscience que notre réflexion ne peut s'arrêter à la présentation de ces premières propositions. Nous avons donc décidé de transformer notre Commission en un véritable Comité de suivi qui aura vocation à promouvoir les recommandations du rapport, à les évaluer, et le cas échéant à les enrichir. Nous n'en avons pas fini avec ce thème essentiel pour l'avenir de notre pays. Je reste ouvert à toutes vos nouvelles contributions pour réconcilier les Français et le travail.<br /></p>
<h3>Jean-François Copé</h3>]]></description>
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<pubDate>Mon, 21 12  2009 16:53:00 +0000</pubDate>
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